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Et il inventa le balloonisme en Ukraine !

Il a quitté les paillettes de sa vie de photographe de mode dans le Paris survolté des années 80 pour rejoindre l’Ukraine. Photographe, artiste peintre, Alain Rodier trouve depuis trois ans son inspiration dans les rues et sur les places de Kiev.
Article rédigé par France Info
Radio France
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  (Alain Rodier à Kiev "ça vaut vraiment le coup de venir ici" © Emmanuel Langlois)

Il y a le cubisme, lui ce serait le ballonisme. Alain Rodier peint des personnages en ballons ou entourés de ballons rouges et blancs, qu'il expose dans les galeries de Kiev. "Au début, les gens me disaient : on dirait les ballons qu'on avait quand on était gamins en URSS ! "

Le Français vit de son art. Installé en Ukraine depuis trois ans, ancien photographe de mode, c'est en venant ici boucler le catalogue d'une expo à Londres qu'il a découvert et décidé de vivre à Kiev. "Quand j'ai dit que je partais en Ukraine, on m'a regardé comme si j'allais sur la lune, et encore la lune, on connaît mieux ! Alors que c'est une jolie ville et que ça vaut le coup de venir. Il y a plein de choses à faire et à voir. Les Ukrainiens sont très agréables ."

  (Le monastère Saint-Michel-au-Dôme-d'Or © Emmanuel Langlois / Radio France)

Un peu par hasard, Alain Rodier prend un appartement qui donne directement sur Maïdan, la place de l’Indépendance, occupée pendant trois mois à l’hiver 2013 par la population hostile au président de l’époque, Viktor Ianoukovitch, occupation qui s’est terminée en massacre.

Tous les jours, le Français descendait prendre des photos, entre émeutes et barricades. Il a rassemblé ces clichés dans un livre, intitulé Maïdan. "Au début en tant que Français, les manifs, on connaît, ça changeait pas grand-chose, puis ils ont commencé à rester, mettre des tentes. Un moment, lorsque le gouvernement ne veut pas écouter et que les autres sont là, il faut que ça pète, et là ça a bien pété ! Il s’est passé beaucoup de choses. "

  (Une fresque au pied de la descente Saint-André, le Montmartre de Kiev © Emmanuel Langlois / Radio France)

La Rome du Nord

Que reste-t-il aujourd’hui de cette révolution ? La naissance d’une nation, répond Alain Rodier. "Avant, Ukraine, Russie, Kazakhstan, c’était un peu la même chose. Aujourd’hui, les gens parlent ukrainien, pratiquement plus russe, il y a des drapeaux et une identité qui n’existaient pas ."

Kiev est une ville sûre, à 3h de vol de la France, Honoré de Balzac l’a rebaptisée la "Rome du Nord", sous le charme de ces belles bâtisses aux façades colorées dans un style baroque inimitable, sans compter d’innombrables églises et de vastes places. La capitale ukrainienne est idéale pour un break d’un week-end, mais les touristes tardent à venir, inquiets de la guerre dans le Donbass, à 500 kilomètres plus à l’est.

  (La descente Saint-André, le Montmartre de Kiev © Emmanuel Langlois / Radio France)

Plusieurs compagnies, comme Ukraine International Airlines proposent tous les jours des vols directs entre Kiev et Paris.

Alain Rodier, né à Paris, a commencé par des études de commerce avant de travailler dans le cinéma, comme assistant réalisateur, avant de se  tourner vers la photo. Ses toiles, il les vend aux expatriés de Kiev, à fort pouvoir d’achat. Alors la crise, connais pas !

"Il y a des Mercedes et des Porsche partout, les restaurants sont pleins. Si je travaillais à l’usine, je m’en rendrais compte, mais ce n’est pas le cas. " Avec son look de rock star dandy, cheveux longs, petites lunettes, chat angora dans les bras, Alain Rodier cultive sa différence au guidon de sa Dnepr MT.11 650, une authentique moto ukrainienne de 1986.

Lui écrire 

  (Une toile de la série des "Balloon People" d'Alain Rodier © DR)

Sa page Facebook

  (Alain Rodier et sa Dnepr MT.11 650, authentique moto ukrainienne de 1986 © E Langlois)

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  (Pouchkine Tours)

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