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Expliquez-nous... le lanceur d'alerte

Les suites des Panama Papers… Chaque jour, de nouveaux noms sortent, grâce au travail d'un consortium de médias internationaux. Et à l'origine des 11 millions de documents épluchés par ces journalistes, on trouve… un lanceur d'alerte.

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Un lanceur d’alerte est une personne qui communique des informations auxquelles il a eu accès, et qu'il considère comme menaçantes pour la société. Le lanceur d’alerte livre ces éléments à des instances officielles, des associations ou des médias, et contre l'avis de l'entreprise, l'organisme, ou l'Etat qui détient ces informations. En fait, le lanceur d'alerte agit selon sa conscience, et désobéit éventuellement à sa hiérarchie.

Le conseil de l'Europe le définit comme "une personne qui fait des signalements concernant des menaces ou un préjudice pour l'intérêt général, dans le contexte de sa relation de travail, que ce soit dans le secteur public ou le privé. Ni délateur, ni mouchard, ni espion..., le lanceur d’alerte agit pour le bien commun, et pour la beauté du geste.

Coup de sifflet

Ce terme est en fait la traduction de l’expression anglophone "whistleblower", qui signifie littéralement "celui qui donne un coup de sifflet". L’expression désigne à l'origine les policiers soufflant dans leurs sifflets, à la fois pour appeler des renforts, et pour alerter les citoyens d'un danger.

En France, ce terme a été inventé par le sociologue Francis Chateauraynaud, dans un livre publié en 1999. C'est avec le scandale Prism en 2013, que l'expression "lanceur d’alerte" a été popularisée..., même si d'autres personnes ont joué ce rôle bien avant cette époque !

Poursuites judiciaires

"Prism" est le nom du programme informatique mis en place par la NSA pour écouter toutes les communications numériques. C'est ce programme qui a été dénoncé par Edward Snowden. Dans certains cas, le lanceur d'alerte n'échappe aux poursuites judiciaires. Edward Snowden, réfugié en Russie, et Chelsea Manning, en prison pour avoir transmis en 2010 à WikiLeaks différents documents militaires classifiés, sont des exemples des difficultés rencontrées par les lanceurs d'alerte.

La question du statut

En France, la loi n’a pas de définition globale du lanceur d’alerte. Elle reconnait timidement son action dans les domaines de la santé publique et de l’environnement. Un projet de loi à venir, initié par le ministre des Finances, et censé lutter contre la corruption, entend aussi protéger les lanceurs d'alerte.

Mais attention : les pouvoirs publics ont eux tendance à confondre lanceurs d'alerte... et délateurs, ou "repentis". D'après Transparency International, environ 60 pays disposent d'une législation couvrant les lanceurs d’alerte, mais seulement 12 sont dotés d'un dispositif global très protecteur, comme le Royaume Uni ou l'Irlande.

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