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Expliquez-nous... le fichier européen des passagers aériens

Dans la foulée des attentats de Paris, le gouvernement souhaite accélérer la mise en place du Passenger Name Record (PNR). Ce fichier européen des passagers aériens devra rassembler l'ensemble des données collectées par les compagnies aériennes lors de la réservation d’un vol ou de l’enregistrement.

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(Le fichier européen des passagers aériens est devenu une priorité pour le gouvernement français. © Fotolia)

Depuis les attentats du vendredi 13 novembre, le gouvernement considère désormais l'adoption du fichier européen des passagers aériens comme une priorité. Manuel Valls l'a donc une nouvelle fois réclamé ce jeudi matin .. "C'est une condition de notre sécurité collective" , a déclaré le Premier ministre devant l'Assemblée nationale.

Le PNR ou "Passenger Name Record"

Le terme désigne l’ensemble des données collectées par les compagnies aériennes lors de la réservation d’un vol ou de l’enregistrement . Plusieurs informations sont ainsi enregistrées : les dates du voyage, l’itinéraire, les coordonnées du passager, le nom de l'agent de voyages auprès duquel le vol a été réservé, le moyen de paiement utilisé et d'eventuelles données relatives aux bagages. Mais, parfois, on peut aussi y trouver des informations plus personnelles telles que le régime alimentaire  ou encore des informations d'ordre médical sur le passager transporté.

Des données qui intéressent les services de renseignement et de police

Depuis les attentats du 11-Septembre, les autorités américaines ont déjà accès a toutes ces données pour les vols au départ, à destination ou fiasant étape aux Etats-Unis. En Europe, seuls quelques pays exploitent des données PNR, mais dans un cadre beaucoup plus restreint . En France, par exemple,  seuls les vols en partance ou à destination de l'hexagone sont concernés par le système. 60 postes de policiers aux frontières s' occupent de ce dispositif .   

Un système de collecte d'information inexistant au niveau européen

Pourtant, pour être efficace, le dispositif doit être transfrontalier si on veut avoir une chance de suivre à la trace d'éventuels terroristes. Par exemple, un français apprenti djihadiste qui veut rejoindre les camps de Daech peut prendre un train pour se rendre dans n’importe quelle capitale européenne, puis de là s'envoler pour la Turquie afin de se rendre finalement en Syrie, échappant ainsi au seul PNR français. Malgré cette état de fait, le Parlement européen a rejeté en 2013 la proposition de création d'un fichier commun présentée deux ans plus tôt par la Commission européenne .

Aujourd'hui, la France veut faire avancer ce projet de fichier européen des passagers aériens. François Hollande a ainsi affirmé que la France porterait ces "exigences" en ce sens lors de la réunion des ministres de l'Intérieur demain à Bruxelles. 

Les raisons du blocage

Pour beaucoup de députés européens, et plus largement tous ceux qui défendent les libertés publiques, les données récoltées dans ces fichiers de passagers sont trop vastes et intrusives. Ils dénoncent un système de contrôle social généralisé sans protection des données personnelles... Autre critique récurrente contre ce Passenger Name Record européen, l'absence de méthodologie commune à toutes les compagnies aériennes pour récolter ces informations.

Des disparités qui pourraient cependant être aplanies en cas d'adoption d'une directive européenne. Cela permettrait de créer un cadre harmonisé pour la récolte de ces données sur les passagers aériens, ce qui serait donc à la fois plus efficace pour lutter contre le terrorisme et offrirait même de meilleures garanties de protection de la vie privée selon les défenseurs du projet.

(Le fichier européen des passagers aériens est devenu une priorité pour le gouvernement français. © Fotolia)