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Expliquez-nous... le collège unique

L'UMP a lancé sur son site une pétition pour réclamer le "retrait" de la réforme du collège. Une reforme dénoncée également par quelques intellectuels. Le gouvernement accuse ces opposants de vouloir revenir sur la notion même de collège unique.

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(rentrée des classes au collège Albert Camus de Jarville © Maxppp)

Initié dès le debut des années 60 par le pouvoir gaulliste et voulu par Valéry Giscard d'Estaing, le collège unique a été créé par la loi Haby en 1975. Jusqu'alors trois filières étaient proposées aux élèves à la sortie de l'école élémentaire : une filière générale, une filière courte et une filière apprentissage.

La réforme de René Haby voulait un socle commun et un savoir minimal pour une tranche d'âge . L'idée était tout simplement de considérer que jusqu'à l'âge de la fin de la scolarité obligatoire à16 ans, il était normal d'offrir le même enseignement à tous les élèves de France. Des élèves de toutes origines sociales allaient donc se retrouver dans les mêmes classes.

La création du collège unique a d'abord été célébrée comme l'aboutissement d'un processus de démocratisation et d'ouverture de l'enseignement à tous. Mais la réforme a fait également immédiatement l'objet de critiques. Ses détracteurs parlaient déjà d'un savoir minimal, d'enseignement au rabais. Pour les opposants à ce collège, la démocratisation de l'Education va imposer un nivellement par le bas. Ce sont grosso modo les mêmes critiques que l'on entend aujourd'hui pour la réforme du gouvernement. On compte aujourd'hui un peu plus de trois millions 300 mille collègiens repartis dans plus de 7.000 établissements. Un collègien coûte chaque année un peu plus de 8.000 euros à la collectivité  .Aujourd'hui, c'est la quasi-totalité de ceux qui entrent en 6ème qui atteignent  le terme d'une classe de troisième  84 % d entre eux ont obtenu en 2014  le diplôme national du brevet.Après la 3 eme, environ 58% des elèves poursuivent des études en seconde générale ou technologique. Cela dit, il y a des disparités très importantes entre collèges, voire entre classes souvent engendrées par des conditions sociales très différentes . Le collège est souvent aujourd'hui le seul lieu de mixité sociale. A tel point que certains établissements développent aujourd'hui des classes de niveau, ou d'excellence, pour repondre à ces disparités.En gros, ce que disent aujourd'hui ses détracteurs, c'est que le collège unique a réussi la massification, c'est à dire scolariser toute une classe d'âge dans une même structure, mais pas la "démocratisation", c'est-à-dire faire réussir tous les élèves malgré leur hétérogénéité . 

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(rentrée des classes au collège Albert Camus de Jarville © Maxppp)