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Expliquez-nous... La situation paradoxale de la Chine en matière d'environnement

En visite en Chine, Emmanuel Macron a proposé au président Xi Jinping une relance commune de la "bataille climatique". En matière d'environnement, la Chine est en effet confrontée à une situation paradoxale. Explications... 

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Si, d\'après le bureau pékinois de l\'environnement, la qualité de l\'air à Pékin s\'est améliorée en 2017, la concentration moyenne de certaines particules fines reste bien supérieure à ce que recommande l\'Organisation mondiale de la Santé. 
Si, d'après le bureau pékinois de l'environnement, la qualité de l'air à Pékin s'est améliorée en 2017, la concentration moyenne de certaines particules fines reste bien supérieure à ce que recommande l'Organisation mondiale de la Santé.  (GREG BAKER / AFP)
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La Chine, premier pollueur mondial

La croissance économique chinoise s'est longtemps faite aux dépens de l'environnement. L'une des deux premières puissances économiques mondiales est aussi le premier pollueur. La Chine produit environ 24% des rejets mondiaux de CO2. On estime que la pollution dans le pays est la cause de 4000 décès prématurés par jour.

Pékin connait des épisodes de pollution record qui ont conduit à des mesures drastiques: des usines de charbon, des aciéries d'Etat tournent, depuis le 15 novembre dernier et jusqu'au 15 mars prochain, au ralenti. Certains grands chantiers ont été interrompus.

L'environnement: un enjeu politique et économique 

Dans un pays où toute contestation reste difficile, la société civile n'hésite plus à manifester, à se mobiliser contre des projets d'usine ou de raffineries, ou à interpeler l'Etat en tant que garant de la santé publique. La protection de l'environnement est devenue pour la Chine un enjeu politique autant qu'économique.

En mars 2014, le premier ministre chinois, Li Keqiang, affirmait que la Chine était « en guerre contre la pollution ». Une dimension écologique, chiffrée, a, depuis, été intégrée au plan quinquennal actuel.

La Chine souhaite par exemple porter la part des énergies non-fossiles à au moins 15% de la consommation d’énergie nationale d’ici à 2020, à 20% à l’horizon 2030, ou fermer une partie de ses 4000 mines de charbon, polluantes et peu rentables.

La Chine, premier pays producteur mondial d'énergies renouvelables

Grâce à des subventions et investissements massifs, des transferts de technologie imposés -de nombreux Chinois ont par exemple été contraints d'abandonner le chauffage au charbon au profit du chauffage au gaz ou électrique, plus coûteux- et via une intense guerre commerciale, la Chine est devenu leader dans le domaine des énergies renouvelables. Le pays est, entre autres, devenu numéro un de l'énergie solaire, au détriment de l'Allemagne.

A l'heure où les Etats Unis se désengageaient des accords sur le climat, la Chine annonçait l'an dernier porter à près de 360 milliards de dollars ses investissements dans les énergies renouvelables d’ici à 2020.

Cette politique volontariste de la Chine est aussi passée par des sanctions. Le parlement chinois a, il y a un peu plus d'un an, voté la taxation des entreprises et institutions les plus polluantes. Cela dit, lors d'une inspection au printemps dernier, une équipe du ministère de l'Environnement avait constaté que 7 entreprises sur 10 ne respectaient pas les normes environnementales préconisées.

La Chine s'est aussi engagée à réduire cet hiver de plus de 15% la concentration moyenne de particules fines dans l'atmosphère dans 28 villes du nord du pays -objectif là aussi compliqué à mettre en oeuvre, de l'aveu même de l'exécutif chinois.

Si, d\'après le bureau pékinois de l\'environnement, la qualité de l\'air à Pékin s\'est améliorée en 2017, la concentration moyenne de certaines particules fines reste bien supérieure à ce que recommande l\'Organisation mondiale de la Santé. 
Si, d'après le bureau pékinois de l'environnement, la qualité de l'air à Pékin s'est améliorée en 2017, la concentration moyenne de certaines particules fines reste bien supérieure à ce que recommande l'Organisation mondiale de la Santé.  (GREG BAKER / AFP)