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Expliquez-nous... L'opération Barkhane

Alors qu'Emmanuel Macron se rend au Niger aux côtés des troupes françaises déployées dans le cadre de l'opération Barkhane, franceinfo s'arrête sur le but et le fonctionnement de cette opération militaire, la plus importante opération extérieure de l'armée française. 

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Un soldat français de l\'opération Barkhane en novembre 2017 à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger. 
Un soldat français de l'opération Barkhane en novembre 2017 à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger.  (DAPHNE BENOIT / AFP)

L'opération Barkhane est une opération militaire de lutte contre les groupes djihadistes au Sahel, menée par la France depuis plus de trois ans.

Elle a succédé, le 1er août 2014, à l'opération Serval.

Elle mobilise 4.000 hommes, huit avions de chasse, 300 blindés, 300 véhicules logistiques, 17 hélicoptères, des avions de transport et cinq drones. C'est le plus important déploiement français en opération extérieure. L'opération s'inscrit dans une logique de partenariat avec cinq pays de la région: Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad

Des opérations souvent complexes, conjointes et transfrontalières

L'objectif final de la France au Sahel est de faire en sorte que les Etats partenaires puissent, à terme, assurer leur propre sécurité, prendre le relais via ce qu'on appelle le G5 Sahel, qui dispose désormais d'une force propre, censée devenir opérationnelle l'an prochain.

Les soldats français mènent à la fois des opérations planifiées -avec les armées partenaires: armées locales mais aussi les 13.000 hommes de la mission de l'ONU, la MINUSMA- et des opérations ponctuelles en fonction d'indications des services de renseignements. Le but est de traquer, d'identifier des djihadistes pour les cibler, les éliminer; détruire aussi leurs moyens logistiques: démanteler les caches d'armements, de munitions et d'explosifs.

La difficulté est que ces groupes de combattants sont mobiles, difficiles à repérer, se fondent dans la population. La menace terroriste reste très importante et la mission complexe, d'autant qu'elle couvre les cinq pays du G5 Sahel. La zone est immense, aussi vaste que l'Europe. La distance entre Niamey, au Niger et N'Djamena, au Tchad est de 1700 kms, ce qui équivaut à la distance entre Brest et Prague.

La base de commandement interarmées est à N'Djamena, sous le commandement, depuis juillet dernier, du général de division Bruno Guibert. D'autres bases logistiques et tactiques se trouvent à Gao au Mali et Niamey au Niger.

Les opérations peuvent être transfrontalières, dans des zones désertiques et des conditions climatiques très rudes, pour les hommes comme pour le matériel.

Des militaires français tués au Sahel, une française retenue en otage

Dix soldats français ont trouvé la mort depuis octobre 2014, qui s'ajoutent aux dix militaires morts au Mali au cours de l'opération Serval, entre 2013 et 2014.

Rappelons qu'une Française est toujours retenue en otage au Sahel et que la logistique de l'opération Barkhane peut aussi s'avérer précieuse pour localiser des otages. Sophie Pétronin a 72 ans. Elle gérait au Mali depuis quinze ans un centre de soins pour enfants. Elle a été enlevée à Gao l'an dernier, la veille de Noël,  le 24 décembre.

Un soldat français de l\'opération Barkhane en novembre 2017 à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger. 
Un soldat français de l'opération Barkhane en novembre 2017 à la frontière entre le Burkina Faso et le Niger.  (DAPHNE BENOIT / AFP)