Le portrait rhétorique de Fabien Roussel

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Clément Viktorovitch dresse le portrait rhétorique de Fabien Roussel, candidat PCF à l'Élysée et invité des "matins présidentiels" de franceinfo, mercredi 26 janvier.

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Radio France
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Fabien Roussel, candidat du PCF à l’élection présidentielle, est l’invité des matins présidentiels de franceinfo, le 26 janvier 2022. (FRANCEINFO / RADIO FRANCE)

Fabien Roussel était l'invité des matins présidentiels de franceinfo, mercredi 26 janvier. Après avoir écouté toutes ses interventions pendant plusieurs jours, Clément Viktorovitch a pu dégager sa signature rhétorique, et surprise : ce qui caractérise le candidat, c’est qu'il est communiste !

Voilà la structure qui sous-tend tout le discours de Fabien Roussel : une opposition systématique entre les riches, auxquels il faut reprendre le pouvoir, et le peuple, auquel il entend le rendre. D’un point de vue rhétorique, c’est ce que l’on appelle une antithèse, mais sur le plan politique, cela porte un autre nom : c’est tout simplement la lutte des classes !

Alors certes, il en dépoussière le vocabulaire, pas question de parler du prolétariat qui se lève contre les propriétaires des moyens de production. Mais la finalité est la même : Fabien Roussel se place du côté d’une vaste majorité qu'il présente comme dominée par une infime minorité. Et le candidat communiste ne se contente pas de l’affirmer, il entend également nous le prouver.

Ce que nous venons d’entendre porte un nom : ce sont des éthopées. L’éthopée, c’est un terme rhétorique compliqué pour désigner une figure simple : c’est l’art de la description morale. Tout au long de ses interventions, Fabien Roussel ne cesse d'ébaucher en quelques traits le portrait des hommes et femmes du peuple, qu'il rencontre en faisant campagne. Au contraire, "les riches" restent toujours, chez Fabien Roussel, un concept abstrait. Il les évoque sans jamais les incarner, ce qui en fait, dans son argumentation, une figure d’autant plus inquiétante.

Il entend ainsi donner la preuve qu'il connaît bien ce peuple, dont il aspire à porter la parole et défendre les intérêts. Et d’ailleurs, au-delà de le connaître : il semble également avoir à cœur de montrer qu'il en fait partie.

Il utilise volontiers des métaphores prosaïques et pioche abondamment dans un lexique familier : autant d’éléments qui sont caractéristiques d’une expression populaire. Alors, est-ce chez Fabien Roussel un trait conscient et stratégique ou inconscient et authentique ? Peut-être un peu les deux à la fois. Mais dans un cas comme dans l’autre, la conséquence est la même : Fabien Roussel ne fait pas que parler au nom du peuple : il entend également nous convaincre qu'il en fait partie.

Et c'est là toute la question. Car, en dépit de ces efforts rhétoriques, force est de constater que les résultats du Parti communiste dans les urnes, ainsi que les intentions de vote dans les sondages, demeurent encore modestes, et c’est un euphémisme. Alors même que Fabien Roussel entend porter la voix du peuple, comment explique-t-il que le peuple, lui, semble, pour lors, lui refuser ses voix ?

La réponse de Fabien Roussel et l'intégralité de son portrait rhétorique par Clément Viktorovitch :

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