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En un mot. Affaire Wauquiez, chauds chauds certains "journalistes"

Le mot de l'actu du jour est déontologie. Cela n'aura échappé à personne. Surtout pas à Nathalie Bourrus.

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Laurent Wauquiez lors du Conseil national du parti Les Républicains, le 27 janvier 2018.
Laurent Wauquiez lors du Conseil national du parti Les Républicains, le 27 janvier 2018. (MAXPPP)

Déontologie. Le mot vient du grec ancien Déon, qui veut dire : ce qu’il faut faire. Et du suffixe Logy : qui veut dire parole, discours. La déontologie, ce sont les règles morales qui régissent une profession.

En philosophie, comme chez Aristote, on parle de devoir de comportement. Je ne vais donc pas épargner ma profession et ses dérives. Mais je ne peux me soustraire au devoir -oui c’est mon obligation, ma déontologie à moi- de quelques menus rappels.

Quand un ou une jeune me contacte, en me disant "je veux être journaliste, comment je peux faire ?", je n’y vais pas avec le dos de la cuillère. Réponse : "Tu dois t’accrocher bien fort, et tu dois faire deux, trois petites choses importantes, comme lire la presse et la regarder, chaque jour. Ou encore connaître tes aînés, ceux qui y sont déjà passés et qui seront des exemples à suivre -ou à ne pas suivre-, ils te guideront -ou pas-".

La déontologie ne se lit pas dans une charte

Je le sais, la réponse est abrupte, et peut même paraître très corporatiste, 'has been', ou gladiateurs. Tant pis. Être journaliste, à mon sens, c’est avoir en tête l’avant et l’après, pour pouvoir fabriquer correctement le présent. Je pense, du haut de mes 25 années à franceinfo, sur le terrain -oui c’est 'has been' et vieux, de dire ça- que la déontologie ne se lit pas dans une charte. Elle se vit.

Je ne suis pas vraiment fan de ce mot (déontologie) d’ailleurs, trop strict, trop puritain à mon goût. L’enquête -ce que se targue de faire TMC et l’équipe de Yann Barthès, en enregistrant à son insu Laurent Wauquiez, ou en récupérant cet enregistrement- est quelque chose de beaucoup plus sportif. C’est un truc de voyou, l’enquête. Mais de voyou, bien élevé. Genre gentleman cambrioleur.

Si tu te dis enquêteur, tu vas devoir aller loin dans ta démarche, parce que tu veux des informations que personne n’a et tu veux démontrer quelque chose d’important, de primordial meme. Plus tu veux la vérité, plus tu te dois d’être clean, et même courageux. Car tu vas forcément défoncer des portes et sur ton passage il va forcement y avoir quelques dégâts.

Des obligations à remplir

Quand tu veux être un enquêteur et faire des démonstrations, il y a, à mon sens, des obligations à remplir. Enregistrer à l’insu, ou être en caméra cachée, ou récupérer des enregistrements, ça peut se justifier. Par exemple, quand on travaille sur la pédophilie, ou alors quand on est en zone de guerre. Des sujets, extrêmes. Ou simplement quand tu ne peux absolument pas faire autrement.

Et c’est toi, qui porte le stylo dans la plaie, c’est toi qui porte ton micro, ta caméra, ton smartphone. Il faut qu’il y ait le moins d’émissaires possibles. Sinon, il suffirait de récupérer des enregistrements, un peu par ci, un peu par là, effectués clandestinement par des citoyens. Le journalisme serait si simple alors.

En un mot : si la règle du jeu revient juste à assouvir ta petite envie perso de te faire Wauquiez ou d’autres, si l’enquête revient à faire de la récup’, alors il faut peut-être songer à changer de métier et par exemple partir vers le divertissement.      

Laurent Wauquiez lors du Conseil national du parti Les Républicains, le 27 janvier 2018.
Laurent Wauquiez lors du Conseil national du parti Les Républicains, le 27 janvier 2018. (MAXPPP)