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En route vers Paris 2024. Sous l'eau avec les poloïstes

Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, revisite l’actualité olympique en vue des Jeux de Paris en 2024.

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Equipe féminine de water-polo. Illustration
Equipe féminine de water-polo. Illustration (KLAUS VEDFELT / TAXI / GETTY IMAGES)

À l'occasion du prochain match de l'équipe de France féminine de water-polo contre l'Italie mardi 12 février, En route vers Paris 2024 s’intéresse à ce qui se passe sous l’eau durant un match. 

L’équipe de France féminine de water-polo affronte ce mardi 12 février l’Italie dans le cadre de la ligue mondiale

Le water-polo, l'une des plus anciennes disciplines olympiques, est un sport qui a beaucoup évolué.

Il y a plus d'un siècle, les poloïstes se balançaient, en guise de ballon, une vessie de porc gonflée d'eau et chevauchaient des tonneaux pour maintenir le haut du corps hors de l'eau.

Le ballon est aujourd’hui plus réglementaire mais surtout plus besoin de tonneaux. Grâce à une technique de rétropédalage et surtout grâce à la puissance de leurs jambes, les nageurs arrivent sans difficulté à sortir de l'eau jusqu'au niveau de la taille.

Aurélie Battu, membre de l'équipe de France, nous explique l’importance d’avoir de bonnes jambes au water-polo : 

On a d’abord besoin d’une puissance verticale pour le shoot. Cela demande beaucoup de répétitions pour acquérir cette force

Aurélie Battu

"Il y a un travail à réaliser en dehors de l'eau avec de la musculation. Dans l'eau, pour progresser, on s'équipe de ceintures de plombs ou d'élastiques. Mais il y a aussi une force horizontale indispensable pour se défaire des défenseurs. Pour cela, il faut avoir un cou très puissant, un dos très puissant, des jambes très puissantes, c'est un tout. Mais les jambes, au polo, c'est la base. Notre entraîneur nous le dit tout le temps : si tu n'as pas de jambes, tu n'auras pas de bras (pour enclencher un shoot)".

Des corps immergés à 85%

Dans ce sport où les corps sont immergés à 85%, il est difficile d’imaginer tous les coups et les contacts entre les sportifs. Aurélie Battu nous en donne un échantillon : " sous l'eau tout ce qu'on ne voit pas, c'est qu'on attrape énormément le maillot, on s'attrape les bras, on se fait des prises de dégagement, un peu comme au judo."  

Prendre des coups ou en donner, la joueuse en a l'habitude. Elle évolue au poste de pointe, appelé aussi cavalier. C’est le poste le plus exposé. Pour les amateurs de handball, on peut comparer ce poste à celui de pivot. Le joueur tourne le dos au gardien adverse et doit rapidement se défaire du défenseur qui lui saute au cou.

Notre pointe française nous donne quelques astuces pour s'en sortir : "Pour se dégager d'un adversaire, soit on est plus fort et on arrive à casser les bras en tournant sur nous-même. Sinon, quand la balle arrive, on doit prendre l’adversaire de vitesse et aller plus vite au ballon. Pour cela, il faut avoir une force de résistance et une poussée très importante. Lors d’un match, toutes les situations sont différentes. Parfois, j'ai besoin de mettre des coups, d’autre fois, par ma vitesse, j'arrive à me dégager et à finir plus vite."

  Une certaine tolérance des arbitres  

Dans ce sport, réputé violent, les arbitres ont une certaine tolérance sur les coups donnés. Un coup volontaire peut engendrer une exclusion. "Les coups volontaires, ça arrive. Surtout à mon poste. A force de se tenir, ça énerve un peu… et les arbitres ne peuvent pas tout voir."   

Il s'agit surtout d'être subtil. Les coups les plus efficaces sont souvent les plus discrets. Chaque joueur a un peu sa spéciale. La plus célèbre reste le coup de coude. Mais il existe d'autres techniques comme une poussée sur la hanche adverse pour prendre le large. On peut aussi enrouler sa jambe autour de celle de l'adversaire pour le déstabiliser, tapoter sur le bras tendu du porteur de balle pour l’empêcher de tirer, ou tout simplement mettre la main sur l'épaule adverse pour prendre appui en toute discrétion.

Retrouvez toute l'actualité de l'équipe de France féminine de water-polo.

Equipe féminine de water-polo. Illustration
Equipe féminine de water-polo. Illustration (KLAUS VEDFELT / TAXI / GETTY IMAGES)