En route vers Paris 2024, France info

En route vers Paris 2024. Le rôle du kiné dans une équipe sportive

Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, revisite l’actualité olympique en vue des Jeux de Paris en 2024. 

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Le gymnaste français Samir Ait-Said, en rééducation le 29 août 2016, à Antibes. Il avait été victime d\'une fracture ouverte du tibia péroné gauche lors des épreuves de qualification au saut des JO de Rio 2016. 
Le gymnaste français Samir Ait-Said, en rééducation le 29 août 2016, à Antibes. Il avait été victime d'une fracture ouverte du tibia péroné gauche lors des épreuves de qualification au saut des JO de Rio 2016.  (MAXPPP)

Souvent synonyme de douleurs physiques, un rendez-vous avec un kinésithérapeute reste un incontournable, surtout dans le sport de haut niveau pour entretenir nos carcasses. Damien Salducci, kiné des équipes de France d'escrime, décrit les grandes lignes de ses missions au sein d'une équipe sportive : 

"La mission première reste le soin. Ensuite, on agit à plusieurs niveaux dans l'accompagnement de l'athlète : de la récupération au retour au terrain, pour les athlètes qui sont dans une période entre la fin de blessure et le retour à la compétition. Sur des pathologies plus chroniques, on intervient pour des straps, pour la préparation à la compétition, avec des exercices spécifiques à l'échauffement par exemple."

Les kinés peuvent favoriser le fonctionnement d'une équipe

Au-delà du soin, les kinés peuvent favoriser le bon fonctionnement interne d'une équipe. Aller chez le kiné, c'est un peu comme aller dans votre bar préféré, vous y allez pour trouver une ambiance décontractée, pour vous détendre loin du stress extérieur et de la compétition qui approche.

Dans cette salle kiné, tout comme dans votre bar, vous y trouvez une oreille attentive pour écouter vos douleurs physiques, vos doutes, vos peurs, vos ambitions.

Mais c'est aussi l'occasion de parler d'autres sujets, de refaire le monde autour du comptoir... qui se trouve être ici la table de massage. Le kiné n'est pas un entraîneur, il n'est pas un athlète, donc ce n'est pas un instant où la discussion va tourner autour d'éléments technico-tactiques, et il est, par instant, essentiel de se détacher de cet aspect des choses, à quelques jours de la compétition.

Une patientèle très exigeante

Être kiné au sein d'une équipe de sportifs, c'est aussi faire face à une patientèle très exigeante. Pour un athlète, son corps représente son outil de travail. Il a une connaissance précise de sa machine. Malgré tout, son jugement peut parfois être altéré quand une échéance sportive arrive à grand pas. Le sportif peut ainsi être tenté de reprendre trop vite ou tout simplement de ne pas écouter une sensation de douleur.

Comme nous l'explique Damien Salducci : soigner des athlètes de haut niveau, c'est du sport. "Le sportif a toujours un avis sur la manière de reprendre et sur les délais par rapport à des expériences qu'il a pu avoir, mais qui ne sont pas forcément superposables. Dans ces moments, la relation de confiance est indispensable pour leur faire comprendre que non, ce n'est pas forcément comme cela s'est passé chez ton collègue ou la fois d'avant, car l'atteinte n'est pas la même et ton historique n'est pas le même. Par rapport à un patient lambda, qui absorbe nos réponses sans aucun souci, avec un sportif, il faut davantage argumenter."

Le gymnaste français Samir Ait-Said, en rééducation le 29 août 2016, à Antibes. Il avait été victime d\'une fracture ouverte du tibia péroné gauche lors des épreuves de qualification au saut des JO de Rio 2016. 
Le gymnaste français Samir Ait-Said, en rééducation le 29 août 2016, à Antibes. Il avait été victime d'une fracture ouverte du tibia péroné gauche lors des épreuves de qualification au saut des JO de Rio 2016.  (MAXPPP)