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En route vers Paris 2024. En apnée avec les nageuses synchronisées

Cécilia Berder, membre de l’équipe de France d’escrime, revisite l’actualité olympique en vue des Jeux de Paris en 2024.

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Compétition de natation synchronisée, à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 15 août 2017.
Compétition de natation synchronisée, à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 15 août 2017. (GETTY IMAGES)

La natation synchronisée est reconnue pour être un sport terriblement exigeant. La discipline devient de plus en plus rapide, de plus en plus athlétique et les nageuses respirent de moins en moins.

L’Open de France de natation synchronisée à Montreuil du 1er au 3 mars 

Un ballet dure en moyenne 5 minutes et les athlètes passent plus de la moitié du temps sous l'eau. De quoi impressionner n'importe quel spectateur. Solène Lusseau, membre de l'équipe de France de natation synchronisée, nous illustre son quotidien :
"Quand on dit qu’on fait de la natation synchronisée, la première chose qu’on nous demande c’est : 'tu restes combien de temps sous l’eau ?' On est pourtant incapable de répondre car tout ce qu’on réalise se fait en apnée active. On ne s'est jamais entraîné à rester en apnée passive."

L’apnée, pour ces athlètes n’est finalement pas l’élément le plus difficile à maîtriser. "Enfant, on apprend à bien nager et à ne pas avoir peur de ne pas respirer" nous explique la nageuse, "aujourd'hui, on ne souffre pas du manque d'air. C’est plutôt au niveau du cardio, on a mal aux bras, aux jambes. On ne progresse plus sur l'apnée, mais c'est important de l'entretenir."

Un sport d’endurance

Le plus difficile dans ce sport réside dans la capacité à résister à l’effort quotidien. L’entraînement est très intense car il réclame de nombreuses répétitions pour maîtriser chaque instant du ballet. Le matin de ma venue à l’INSEP, l’institut national du sport, leur session d’entraînement a duré de 8h à 13h30. C’est simple, les nageuses ne s'arrêtent jamais… Même pour écouter les consignes de leur entraîneur il n'y a pas de pause, pas de retour au bord du bassin. Elles restent au milieu de la piscine et rétropédalent.

En compétition, lorsque le spectateur voit les bras de l'athlète, ce sont ses jambes qui s’activent sous l’eau. Lorsque l’on voit ses jambes, ce sont ses bras qui moulinent. Évidemment, lors de la prestation, impossible d'interrompre la chorégraphie, quoi qu’il arrive même si vous êtes à bout de souffle, même si vous avez mal partout. Une interruption d’une nageuse entraînerait des pénalités et déstabiliserait de manière chaotique ses coéquipières.

L’intensité jusque dans l’expression de leur visage

Comment les nageuses font-elles pour avoir un visage aussi expressif ? Cette question revient aussi souvent aux oreilles des athlètes. Leur visage très maquillé, leur expression très marquée : Solène Lusseau nous explique l'importance d'exprimer, même si l'athlète est exténuée : "On doit garder l’expression : sourire ou être méchante. C’est quelque chose qui nous aide car ça nous laisse dans le ton de la chorégraphie, cela nous permet de garder la bonne énergie. Même si parfois ce n'est pas facile, car on peut se donner des coups entre nageuses ou ressentir un coup de moins bien, notre visage doit rester cohérent avec ce que l’on réalise."

Compétition de natation synchronisée, à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 15 août 2017.
Compétition de natation synchronisée, à Kuala Lumpur, en Malaisie, le 15 août 2017. (GETTY IMAGES)