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Le réchauffement climatique, c’est la mort des plantations de café

Une étude récente a révélé que le café pourrait disparaître de la surface de la terre d’ici à 2080. Une perspective effrayante pour la Colombie, l'un des principaux pays producteurs.

Le café en Colombie, ici dans la région de Sasaima lors du ramassage des fèves, est menacé par le réchauffement climatique
Le café en Colombie, ici dans la région de Sasaima lors du ramassage des fèves, est menacé par le réchauffement climatique (JOSE GOMEZ / REUTERS / X00190)

Le grain de café serait en danger d’extinction. En cause, le réchauffement climatique qui fait proliférer des champignons mortels pour la plante. Selon une étude du Climate Institute, une hausse des températures de deux à trois rendra les terrains actuels de culture du café inutilisables.

Les effets du réchauffement sur le café

Plus de chaleur et plus d’humidité, c’est le cocktail préféré des champignons qui asphyxient les plants de café et finissent par les tuer. Le réchauffement a déjà fait apparaître de nouvelles souches notamment en Amérique Centrale et la Colombie n’est plus une exception. Le café d’altitude qui était jusqu’ici protégé de certaines maladies par le climat plus froid des montagnes, est aujourd’hui atteint. On a vu des champignons dans des zones où normalement ils ne pouvaient pas se multiplier. En Colombie, plus de la moitié des terres actuellement plantées de café seraient impropres à sa culture d’ici à 2050.

Des conséquences sociales désastreuses

Le café en Colombie fait vivre près de 600.000 familles. Pour la plupart, ce sont de petits agriculteurs qui le cultivent sur les pentes des Andes. Il s’agit même du premier produit d’exportation du pays, après le pétrole et le charbon. La production est reconnue pour sa qualité : le café colombien, Colombian Mild, a sa propre cotation en bourse et l’économie nationale dépend des variations de ses cours. Lorsqu’ils sont trop bas, le secteur agricole souffre. Ces dernières années, les caféiculteurs ont bloqué les routes à plusieurs reprises pour dénoncer leur situation de surendettement. Ces grèves géantes peuvent paralyser plusieurs régions. 

Le risque d'un retour qui fait peur

Le café a permis dans bien des régions colombiennes de remplacer les cultures de coca qui servent à produire de la cocaïne. Imaginez un pays où des milliers de familles appauvries se remettent à produire ce qui sert de base à la poudre blanche. C’est d’ailleurs ce qui est arrivé lorsque le secteur a été en crise.

La protection du symbole national est lancée

Les universités et la Fédération des caféiculteurs multiplient les recherches pour éviter le scénario catastrophe et lutter contre les maladies qui pourraient menacer le café. On parle aujourd’hui d’utiliser des nanoparticules pour étouffer la croissance des champignons et sauver ce qui est un symbole national.

Les personnalités politiques les plus importantes sont souvent passées par la très puissante Fédération des caféiculteurs. C’est le cas de l’actuel président Juan Manuel Santos, qui a fait ses débuts dans la vie politique comme ambassadeur colombien devant l’Organisation internationale du café à Londres.

Le café en Colombie, ici dans la région de Sasaima lors du ramassage des fèves, est menacé par le réchauffement climatique
Le café en Colombie, ici dans la région de Sasaima lors du ramassage des fèves, est menacé par le réchauffement climatique (JOSE GOMEZ / REUTERS / X00190)