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En Tanzanie, un projet de téléphérique pour gravir le Kilimandjaro fait polémique

L'ambition du gouvernement de Tanzanie est de doubler le nombre de grimpeurs de ce sommet, mondialement réputé. Mais des opposants au projet se mobilisent, "en raison de ses impacts irréversibles".

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Des alpinistes sur le Kilimandjaro, en septembre 2014 (illustration).
Des alpinistes sur le Kilimandjaro, en septembre 2014 (illustration). (PETER MARTELL / AFP)

Et si l'on gravissait le Kilimandjaro, le toit de l'Afrique, en quelques minutes grâce à un téléphérique ? C’est le projet un peu fou du gouvernement tanzanien. Pour l’instant, peu de détails. Mais à coup sûr, il facilitera considérablement l’ascension du plus haut sommet de l’Afrique qui prend, en général, de cinq à huit jours d’ascension. Deux versions circulent dans les médias : une première selon laquelle les cabines iraient jusqu’au sommet, à 5 895 mètres d’altitude. Le temps d’une photo et on redescend. L’autre option, la plus probable, serait que le téléphérique permette de gagner trois jours d’ascension. Les grimpeurs démarreraient à 3 800 mètres d’altitude.

Le projet est dans les cartons depuis plusieurs années déjà. Imaginé... mais jusqu’ici souvent vite enterré. Aujourd’hui, le gouvernement tanzanien semble déterminé. Son objectif : doubler le nombre de grimpeurs. Ils sont 50 000 par an à tenter l’ascension du Kilimandjaro, dont un tiers n’arrive pas au sommet. Un sommet rendu plus accessible grâce à ce téléphérique pour attirer de nouvelles cibles : des enfants de moins de 15 ans, des personnes en situation de handicap ou moins sportives.

"Faciliter l’ascension n’a pas de sens"

Mais les opposants à ce projet se mobilisent. En tête de file, l’association des tours opérateurs tanzaniens. "Nous disons non à ce projet en raison de ses impacts irréversibles, explique Sirili Akko, le président. Les touristes grimpent le Kilimandjaro pour mettre au défi leurs capacités physiques. Faciliter l’ascension n’a pas de sens. Les tours opérateurs, qui ont des dizaines d’années d’expérience, sont inquiets, car le gouvernement n’est pas bien conseillé sur ce projet. Nous ne ferons aucun compromis qui entraverait le futur de cette richesse africaine."

Laissez cette montagne aussi prestigieuse qu’elle l’est aujourd’hui, et aussi intacte que possible pour le tourisme et la faune sauvage.

Sirili Akko, de l'association des tours opérateurs tanzaniens

à franceinfo

Mais en réalité, ce projet pourrait encore être abandonné, tout est encore possible. Une étude sur l’impact social et environnemental est toujours en cours et doit être présentée avant le lancement des travaux. Par ailleurs, beaucoup d’observateurs rappellent qu’une ascension à cette altitude demande au corps un temps d’adaptation pour éviter le mal des montagnes (nausées et maux de tête). Atteindre une aussi haute altitude en si peu de temps peut s’avérer dangereux, voire fatal.

Des alpinistes sur le Kilimandjaro, en septembre 2014 (illustration).
Des alpinistes sur le Kilimandjaro, en septembre 2014 (illustration). (PETER MARTELL / AFP)