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En Russie, la station balnéaire de Sotchi devient la nouvelle capitale politique

L’ancienne station balnéaire au bord de la mer Noire est devenue, par la volonté de Vladimir Poutine, un véritable lieu de pouvoir où se succèdent les grands de ce monde. Mais Sotchi est aussi une ville coincée entre mer et montagne qui a grandi trop vite.

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Sotchi, en Russie, lors de la Coupe du monde de football, en 2018.
Sotchi, en Russie, lors de la Coupe du monde de football, en 2018. (FRANCK BALLANGER / FRANCE INFO)

Le retour, puis l’omniprésence de la Russie sur l’échiquier international, organisé et pensé, année après année, par Vladimir Poutine, est indissociable de Sotchi. La ville est connue à l'étranger comme étant l'autre capitale du pays, à plus d’un millier de kilomètres de Moscou.

Ancien lieu de villégiature impérial

À peine arrivé à la tête du pays, en 2000, le président russe a jeté son dévolu sur Botcharov Routcheï, une immense propriété de 40 hectares, ultra protégée des regards indiscrets. Il en fait sa résidence d'État. En deux décennies, elle a déjà accueilli les chefs d'État du monde entier, de Georges Bush à Angela Merkel, en passant par Jacques Chirac, Benyamin Netanyahou ou encore Recep Tayyip Erdogan.

Mais Sotchi n’a pas attendu l'arrivée de Vladimir Poutine à la tête du pays pour servir de lieu d’exercice du pouvoir. Staline en personne, et avant lui les tsars, avaient déjà leurs habitudes au bord de la mer Noire, à la différence près que Vladimir Poutine, lui, a beaucoup fait pour le rayonnement de Sotchi au-delà de ses points de chute diplomatiques. Il y a notamment eu les Jeux Olympiques d’hiver, les grands prix de formule 1 et plus récemment la Coupe du monde de football.

Le boom touristique

La fréquentation touristique et les infrastructures ont explosé. L’exemple le plus frappant : les embouteillages de Sotchi. Dans une agglomération qui s’étend le long du littoral sur 120 kilomètres, les problèmes de circulation et de parkings sont nombreux. En l'absence de métro, les transports en commun ne constituent pas vraiment une solution. Avec plus de six millions de touristes en 2018, les bus, trop petits, sont vite surchargés. Il ne reste alors plus que sa voiture pour circuler, à condition de disposer d’une place de parking, ce qui est de plus en plus rare.

Heureusement, il reste le charme de quelques rues historiques et de petits bars près du littoral de la mer Noire, ou encore des balades en montagne pour apprécier lacs et chutes d’eau. Sotchi ne manque pas d’atouts, même si la ville semble avoir sacrifié jusqu’à aujourd’hui, sur l’autel du profit, un esthétisme douteux, qui a pu faire cohabiter par exemple un bar à salsa et sa façade en bois, avec les tables et les chaises en plastique d’une cantine obstruant la vue sur le large.

Sotchi, en Russie, lors de la Coupe du monde de football, en 2018.
Sotchi, en Russie, lors de la Coupe du monde de football, en 2018. (FRANCK BALLANGER / FRANCE INFO)