En Palestine, une comédie grecque antique jouée par le théâtre national palestinien trouve des accents contemporains

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Le texte original a été écrit vers 392 avant JC par Aristophane, mais la mise en scène est bien actuelle : "L'Assemblée des femmes" est jouée par le théâtre national palestinien El-Hakawati de Jérusalem-Est, et tourne dans les villes de Palestine.

Article rédigé par
Frédéric Métézeau - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Les actrices du théâtre national palestinien El-Hakawati dans "L'Assemblée des femmes". (FREDERIC METEZEAU / RADIO FRANCE)

Une coproduction franco-palestinienne tourne en ce moment dans les villes de Palestine, en partenariat avec le Consulat général de France à Jérusalem. Il s'agit de L'Assemblée des femmes d'Aristophane, écrite à Athènes il y a près de 2 500 ans.

Au petit matin, les femmes d'Athènes volent les vêtements de leurs époux et les remplacent à l'assemblée. Sur scène, lors de la premère de la pièce à Jérusalem-Est, les actrices Iman, Fatima, Shadeen, Amina et Mays sont en costumes-cravates trop larges, façon Charlie Chaplin, et portent fausses barbes, chapeaux ou casquettes Gavroche trop grandes. Shadeen Saleem mène la rebellion. "Je suis la comandante ! Dans la pièce, les femmes de ce pays constatent que les hommes disposant de l'autorité sont corrompus, elles décident donc de fixer les règles et de faire les choses bien. J'aime vraiment ce rôle, ça montre beaucoup de ce que nous sommes, en tant que femmes, et femmes palestiniennes. C'est une chance pour nous de dire quelque chose, de porter la voix des femmes."

C'est mécanique : si les femmes ont dérobé les costumes de leurs maris, ces derniers n'ont plus rien à eux à se mettre. Comme Amer Khalil, directeur du théâtre national palestinien El-Hakawati à Jérusalem-Est et acteur dans la pièce, grotesque dans son costume de scène. "Je porte une chemise de nuit et le tablier de cuisine, s'amuse Amer Khalil, parce que dans la pièce, je coupe des légumes pour la soupe. C'est du théâtre, on aime beaucoup faire ça." L'inversion des rôles est quelque chose de très fort dans la société palesinienne plutôt conservatrice. "Oui, reconnaît Amer Khalil, cette image, beaucoup de gens ne vont pas la comprendre."

"Les femmes veulent juste la liberté"

La pièce ne se limite pas au texte original d'Aristophane. Régulièrement, pendant L'Assemblée des femmes, mise en scène par Jean-Claude Fall et Roxane Borgna, des témoignages vidéos de femmes palestiniennes d'aujourd'hui sont projetés sur de grands draps blancs tendus sur la scène, complètement vide et obscure. Elles parlent franchement et sans tabous. L'actrice Mays Assi est impressionnée par la force de leurs témoignages. "Elles veulent être libres de sortir, choisir leur partenaire, leur métier, où vivre, en famille avec un mari ou bien de façon indépendante... Les femmes veulent juste la liberté, comme toutes les femmes dans le monde. Nous voulons une nation sans barrages, sans soldats, sans armes, sans frontières, on veut juste vivre tous ensemble." Une websérie inspirée de cette aventure théâtrale et vidéo est en préparation.

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