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En Palestine, le retrait des aides américaines complique la rentrée dans les écoles des camps de réfugiés de Gaza

Depuis un an, l'office de secours et de travaux des Nations unies, en Palestine, est la cible de Donald Trump, qui a gelé presque tous ses financements.

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L\'école des camps de réfugiés gérée par l’UNRWA à Gaza, ici en janvier 2018.
L'école des camps de réfugiés gérée par l’UNRWA à Gaza, ici en janvier 2018. (MOHAMMED ASAD \ APAIMAGES / MAXPPP)

Les écoles des camps de réfugiés gérés par l'UNRWA (United Nations Relief and Works Agency, l'office de secours et de travaux des Nations unies) en Palestine vivent sans doute la rentrée la plus perturbée. Depuis un an, cette agence de l’ONU, créée pour les réfugiés palestiniens, est dans le collimateur de Donald Trump. L’administration américaine a gelé presque tous ses financements, alors que l’UNRWA gère un demi-million d’élèves dans la région, dont 300 000 à Gaza et en Cisjordanie.

Ces écoles de l'ONU dans les camps de réfugiés palestiniens sont systématiquement des bâtiments blancs et bleus. Devant l’école du camp de Aida à Bethléem, on a l’impression d’être devant une ruche, il y a 264 enfants. C’est l’un des derniers services que l’UNRWA apporte encore dans ce camp de réfugiés, regrette Abdelfattah Abu Srur, responsable de l'une des plus importantes associations culturelles dans ce camp de réfugiés. "La clinique mobile, le programme de santé mentale et de soutien psychologique et le programme temporaire de création d'emplois ont tous été arrêtés", dit-ilCette vision est tempérée par les responsables de l’UNRWA. Une clinique est installée à l'extérieur du camp et des travaux important sont programmés.

Depuis le retrait américain, des licenciements et la suppression de programmes d'urgence

Pour autant, l’agence est en déficit et doit gérer la rentrée scolaire avec le trou financier créé par le retrait américain. Quelque 250 personnes ont été licenciées cet été, sur les 360 écoles que comptent Gaza et la Cisjordanie. Des programmes d’urgence ont également été supprimés. Les écoles vont ouvrir dans un climat d’incertitude, souligne Meg Audette, numéro deux de l’agence en Cisjordanie. "Pour l'instant, nous n'avons pas les fonds pour faire fonctionner les écoles au-delà de fin septembre", assure-t-elle.

"L'ouverture de ces écoles, c'est une façon de réaffirmer notre engagement d'assurer l'éducation aux réfugiés palestiniens", poursuit Meg Audette. "Mais nous avons un déficit de 217 millions de dollars [soit 186 millions d'euros] et on travaille avec les financeurs pour trouver cet argent et éviter d'avoir à perturber notre programme d'éducation d'ici la fin d'année."

Le statut de réfugié prochaine cible de l'administration américaine

Le refus de l'administration américaine de financer le soutien aux réfugiés palestiniens est dans un premier temps un levier utilisé pour tenter de ramener les Palestiniens à leur table de discussion. Mais c’est aussi l’un des nœuds les plus serrés dans le processus de paix. On compte cinq millions de réfugiés palestiniens et l’UNRWA est la garante de ce statut, explique Abdelfattah Abu Srur. "C'est une reconnaissance de la responsabilité de la communauté internationale de l'ONU, qui a décidé de faire ce partage de la Palestine sans nous demander notre avis", précise-t-il. "Dans cet esprit-là, l'existence de l'UNRWA est obligatoire par rapport au symbolisme du droit au retour et à la responsabilité internationale", ajoute-t-il.

L’offensive de l’administration américaine contre l’agence pourrait prendre de l’ampleur. Après les coupes financières, l’administration américaine est soupçonnée de vouloir s’attaquer au statut même de réfugié, dont elle voudrait diviser le nombre par dix.

L\'école des camps de réfugiés gérée par l’UNRWA à Gaza, ici en janvier 2018.
L'école des camps de réfugiés gérée par l’UNRWA à Gaza, ici en janvier 2018. (MOHAMMED ASAD \ APAIMAGES / MAXPPP)