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En Inde, gouvernements et associations du monde entier cherchent des solutions à la désertification croissante

La Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification a ouvert à New Delhi, alors que de plus en plus de personnes vivent dans des zones touchées par des pénuries d'eau.

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Un batelier indien sur la plage de Nalsarovar, le 4 juin 2019. En raison de la diminution des pluies de mousson, ce refuge à oiseaux s\'est asséché.
Un batelier indien sur la plage de Nalsarovar, le 4 juin 2019. En raison de la diminution des pluies de mousson, ce refuge à oiseaux s'est asséché. (SAM PANTHAKY / AFP)

Un tiers des terres dans le monde est dégradé et pourrait bientôt être impossible à cultiver. C’est sur ce constat alarmant que s’est ouvert lundi 2 septembre, à New Delhi, en Inde, la 14e conférence des parties sur la désertification. Ce fléau touche l’Afrique en premier plan : sur le continent, deux tiers des terres sont asséchées. Mais il s’étend rapidement à d’autres continents et tous les pays du monde sont donc réunis pendant deux semaines pour lutter contre ce phénomène.

Déforestation, urbanisation, surexploitation

La première cause est la déforestation. Lorsqu’on on coupe les arbres, la terre devient meuble, ce qui entraîne des éboulements. Les eaux de pluie ont du mal à y pénétrer, ce qui, au final, assèche les sols. Cette déforestation est croissante à cause de l’urbanisation des pays du sud et des activités minières. La deuxième cause est la surexploitation des sols par l’agriculture intensive et l’utilisation abusive des engrais chimiques, qui détériorent la qualité des terres. Il y a enfin les effets du changement climatique, avec la baisse des précipitations, ou le bouleversement des saisons qui empêchent de poursuivre les cultures traditionnelles. Les conséquences peuvent être catastrophiques. En effet, dans des pays comme le Malawi ou la Tanzanie, le coût annuel de cette dégradation des sols représente l’équivalent de 10 et 15% de leur PIB respectif. L’Afrique est bien sûr le continent le plus vulnérable à cause de son climat aride et deux tiers des terres y sont menacées.

Mais ce problème est aujourd’hui mondial : plus d’un tiers des États-Unis est touché par la désertification, un quart de l’Amérique Latine et un cinquième de l’Espagne, un pays où les manques croissants en eau et l’agriculture intensive ont asséché les terres. En Inde, un tiers des sols est dégradé. Cette désertification s’étend : elle touche 145 000 hectares de terres supplémentaires chaque année. À cause de la baisse de ces rendements agricoles, l’ONU estime ainsi que, dans le monde, la désertification pourrait entraîner la migration de 50 à 700 millions de ruraux d’ici à 2050. Pas sûr que les villes surpeuplées de demain puissent se permettre ce luxe.

Problème mondial, solutions diverses

Alors quelles solutions peut apporter cette 14e conférence des parties sur le sujet ? Pendant deux semaines, les représentants des 196 pays et des ONG vont d’abord échanger sur les manières qu’ils ont de combattre ce fléau. Chaque problème est unique et ses solutions dépendront de la topographie du terrain local, de son climat et des cultures pratiquées. Une journée sera ainsi dédiée à la lutte contre les tempêtes de sable, une autre aux nouvelles solutions apportées par la science. Une grande réunion rassemblera également les maires du monde entier pour échanger sur la réponse que peuvent apporter les municipalités.

Mais bien sûr, l’objectif final de cette conférence est que les dirigeants de chaque pays s’engagent sur des objectifs précis de lutte contre la déforestation et pour la restauration des terres dégradées. L’Inde, pays hôte, a ainsi déjà annoncé son objectif très ambitieux de réhabiliter cinq millions d’hectares de terres d’ici 2030.

Un batelier indien sur la plage de Nalsarovar, le 4 juin 2019. En raison de la diminution des pluies de mousson, ce refuge à oiseaux s\'est asséché.
Un batelier indien sur la plage de Nalsarovar, le 4 juin 2019. En raison de la diminution des pluies de mousson, ce refuge à oiseaux s'est asséché. (SAM PANTHAKY / AFP)