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En Inde, des écoles à ciel ouvert pour les enfants pauvres empêchés de suivre les cours à distance

Deuxième pays le plus touché au monde par le Covid-19 après les États-Unis, l’Inde a fermé ses écoles depuis sept mois. Pour ne pas ostraciser davantage les plus pauvres, des particuliers ont ouvert des écoles en extérieur. Reportage dans la banlieue de New Delhi.

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Des écoles à ciel ouvert ont fleuri dans la banlieue de New Delhi pour compenser la fermeture des écoles en Inde en raison de l\'épidémie de coronavirus.
Des écoles à ciel ouvert ont fleuri dans la banlieue de New Delhi pour compenser la fermeture des écoles en Inde en raison de l'épidémie de coronavirus. (SEBASTIEN FARCIS / RADIO FRANCE)

L’épidémie de Covid-19 est loin d’être contrôlée en Inde où l’on compte plus de 60 000 nouveaux cas par jour. La contagion a légèrement ralenti ces dernières semaines, et les autorités indiennes ont donc autorisé la réouverture de tous les commerces et transports en commun, mais pas des écoles, fermées depuis sept mois. 290 millions d’élèves sont donc censés suivre des cours sur internet, mais les plus pauvres n’en ont pas les moyens.

Des tableaux noirs sur un terrain vague ensablé

Dans la banlieue est de New Delhi, des particuliers essaient de compenser mais la vision est désolante. La mégalopole moderne s’étend à grands pas, et entre deux machines et poutres métalliques, sur un chantier de construction du métro aérien, viennent de naître plusieurs écoles improvisées. C’est ici, donc, sur un terrain vague ensablé, que certains enfants pauvres retrouvent un semblant d’instruction.

Des écoliers pauvres de la banlieue de New Delhi en Inde suivent des cours à ciel ouvert prodigués par des particuliers pour compenser les écoles fermées en raison du Covid-19.
Des écoliers pauvres de la banlieue de New Delhi en Inde suivent des cours à ciel ouvert prodigués par des particuliers pour compenser les écoles fermées en raison du Covid-19. (SEBASTIEN FARCIS / RADIOFRANCE)

Des bénévoles ont installé des tableaux noirs, quelques chaises et se démènent pour les aider à étudier. Parmi eux se trouve Rajat Patra, un ingénieur de 33 ans qui travaille pour une entreprise américaine de nuit, et enseigne ici la journée. Ces classes régulières sont importantes, car sinon, ces enfants ne comprendront pas bien les cours, ils vont perdre toute motivation et arrêter l’école. Et comme leurs parents sont des agriculteurs non éduqués, ils vont les inciter à travailler avec eux.

Pauvres et riches, pénalisés par les problèmes de connexion

Les écoles, toujours fermées à cause de la pandémie, offrent théoriquement des cours en ligne, généralement une fois par jour, pendant 40 minutes. 40 minutes par jour, ce n’est déjà pas beaucoup quand on est en seconde ou terminale, mais ces enfants pauvres, eux, n’arrivent souvent pas à se connecter. Ils n’ont pas le courant chez eux et ils ont une mauvaise connexion internet.  

Les enfants plus riches se plaignent aussi de problèmes techniques pour suivre les cours de leur école privée. Leurs parents leur paient donc des cours privés en plus de l’école, pour ne pas décrocher. Dans les deux cas, on se rend compte que l’école traditionnelle n’assure plus sa mission en Inde pendant cette pandémie.   

Des réouvertures de classes progressives

Le gouvernement central a en effet donné la permission aux États fédérés de commencer à rouvrir à partir de jeudi dernier, s’ils le veulent. Mais peu d’entre eux l’ont pour l’instant fait, à cause de la crainte de la propagation du Covid-19. Seuls le grand État de l’Uttar Pradesh et le plus petit du Pendjab reprennent les classes pour les élèves de la seconde à la terminale, ceci à partir de lundi 19 octobre. Les autres États, comme celui de New Delhi, prendront une décision après les grandes fêtes hindoues de la fin du mois.

Des écoles à ciel ouvert ont fleuri dans la banlieue de New Delhi pour compenser la fermeture des écoles en Inde en raison de l\'épidémie de coronavirus.
Des écoles à ciel ouvert ont fleuri dans la banlieue de New Delhi pour compenser la fermeture des écoles en Inde en raison de l'épidémie de coronavirus. (SEBASTIEN FARCIS / RADIO FRANCE)