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En Hongrie, le gouvernement prolonge l'interdiction des grands rassemblements, sauf pour le football

De nombreux festivals, d'abord reportés à fin août, sont annulés avec le prolongement de l'interdiction des rassemblements de plus de 500 personnes en raison de l'épidémie de coronavirus. Une interdiction qui ne concerne pas les matchs de football.

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Des supporters hongrois lors d\'un match de football du championnat national, dans le stade de l\'équipe du Diósgyőri VTK dans la ville de Miskolc, le 30 mai 2020 (photo d\'illustration).
Des supporters hongrois lors d'un match de football du championnat national, dans le stade de l'équipe du Diósgyőri VTK dans la ville de Miskolc, le 30 mai 2020 (photo d'illustration). (ATTILA KISBENEDEK / AFP)

La Hongrie a été relativement moins touchée que d’autre pays par le Covid-19. Il a fait 600 morts dans le pays et contaminé 3 600 personnes. Pas de deuxième vague à l’horizon pour l’instant mais le nombre de cas augmente chez les voisins, comme en Roumanie ou en Serbie. Le gouvernement de Viktor Orban a donc décidé de prolonger l’interdiction des rassemblements de plus de 500 personnes. Résultat, de nombreux festivals sont annulés mais pas les matchs de football.

Deux poids, deux mesures

Jusqu’ici les festivals étaient bannis jusqu’au 15 août et le gouvernement avait laissé entendre que si la situation s’améliorait, l’interdiction serait levée. Mais par prudence, il a décidé il y a quelques jours, de prolonger cette interdiction. Or, certains événements prévus en juin ou en juillet avaient été repoussés à la deuxième quinzaine d’août. Et maintenant, ils sont annulés pour de bon. C’est plus d’une centaine de manifestations qui tombent à l’eau.

Les matchs de football de leurs côtés se déroulent en public et il n’y a aucune limitation du nombre de spectateurs. En ce moment, il y en a beaucoup car ce sont les championnats de deuxième ligue. Il y a parfois plus de 6 000 spectateurs dans les tribunes, qui ne portent pas de masques. Les festivaliers, les artistes et les techniciens de la scène musicale dénoncent ce deux poids, deux mesures. Ils ont manifesté vendredi 7 juillet à Budapest pour réclamer des mesures équitables pour tout le monde.

Pourquoi un régime de faveur accordé au football ?

Le numéro 2 du gouvernement, Gergely Gulyas, a expliqué que pendant les festivals, les spectateurs consommaient de l’alcool et qu’ils n’arrivaient pas à maintenir la distance sociale. Les explications du ministre n’ont pas convaincu tout le monde. Car les supporters de certaines équipes de football hongroises sont connus pour leur agressivité et leur tempérament bagarreur. Ils ne boivent pas que du jus d’orange, comme le faisait remarquer samedi un manifestant.

En réalité, si le football fait l’objet d’un traitement de faveur, c’est parce que c’est la passion, le péché mignon, du premier ministre Viktor Orban. Quand il était jeune, il  a failli devenir professionnel. Il a fait construire des dizaines de nouveaux stades, y compris un stade de 3 500 places dans son village de 1 700 habitants. Et il a fondé une académie du football généreusement subventionnée.

Autre élément qui a mis la scène musicale en émoi, ce sont les déclarations du ministre. Il a dit que les musiciens allaient s’en sortir puisqu’ils vendent des disques quand ils ne sont pas en tournée. Or en 2020, personne ne vend plus de disques, même les très grands groupes. Ce sont les concerts qui les font vivre et qui constituent 90% de leur revenu.

Des supporters hongrois lors d\'un match de football du championnat national, dans le stade de l\'équipe du Diósgyőri VTK dans la ville de Miskolc, le 30 mai 2020 (photo d\'illustration).
Des supporters hongrois lors d'un match de football du championnat national, dans le stade de l'équipe du Diósgyőri VTK dans la ville de Miskolc, le 30 mai 2020 (photo d'illustration). (ATTILA KISBENEDEK / AFP)