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En Espagne, le président catalan joue la provocation avec des symboles indépendantistes

À cinq semaines des élections générales en Espagne, un énième conflit oppose le gouvernement régional catalan, contrôlé par les indépendantistes, aux autorités espagnoles.

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\"Liberté pour les prisonniers politiques et les exilés\" sur la Generalitat de Barcelone le 21 mars 2019..
"Liberté pour les prisonniers politiques et les exilés" sur la Generalitat de Barcelone le 21 mars 2019.. (PAU BARRENA / AFP)

La Commission électorale espagnole exige le retrait des symboles indépendantistes catalans qui figurent sur les bâtiments régionaux, considérant qu'il s'agissait de "symboles partisans" qui violent la neutralité institutionnelle à l'approche des élections législatives anticipées du 28 avril.

Un véritable dilemme pour les indépendantistes  

Le président catalan Quim Torra affiche sur le balcon du Palais de la Generalitat, le siège du gouvernement régional, une banderole portant le slogan "Liberté pour les prisonniers politiques et les exilés", depuis son arrivée à la présidence de la région. Sur ces banderoles figurent des rubans jaunes, symbole de la solidarité avec les indépendantistes en prison préventive. La Commission électorale avait donné un délai, qui expirait avant-hier, pour enlever ces rubans jaunes. 

La situation était un véritable dilemme pour les indépendantistes : s’ils obtempéraient, ils avaient l’air de se soumettre à Madrid, d’abandonner leur soutien à leurs camarades qui sont jugés en ce moment par la Cour suprême. Mais si Quim Torra refusait l’ordre de la Commission électorale de mettre les bâtiments en conformité avec le devoir de neutralité des administrations, alors il risquait d’être traîné devant les tribunaux. Pour éviter d’obéir à Madrid, et pour essayer en même temps d'échapper aux poursuites, le gouvernement catalan a demandé l’avis du Défenseur des droits de la région, tout en sachant parfaitement que ce dernier allait lui dire de retirer les symboles. Mais au moins, Quim Torra n’obéirait pas à une institution espagnole, mais à une institution catalane.    

Une nouvelle banderole

Hier matin, la banderole de la façade de la Generalitat, sur laquelle il était écrit "Liberté pour les prisonniers politiques et les exilés", et le dessin d’un ruban jaune a été recouverte par une autre banderole, identique en tous points à la première sauf en un seul : le ruban n’est plus jaune, mais blanc et frappé d’une frange rouge, le symbole de la censure. Ailleurs en Catalogne, d’autres symboles ont été inventés. Une mairie, par exemple, a déployé un ruban bleu accompagné d’un message en faveur des poissons pacifiques. Le mot "poisson", en catalan, ressemble vaguement au mot "prisonnier".  

Une procédure ouverte contre Quim Torra 

La Commission électorale, formée de juristes et de magistrats a pris, hier soir, toutes les mesures qu’elle pouvait prendre. Elle a ordonné à la police régionale de retirer les symboles indépendantistes, elle a ouvert une procédure interne contre Quim Torra, et elle a saisit le parquet pour qu’il poursuive Quim Torra pour désobéissance. Ce délit est passible de peines d’inéligibilité. Cela veut dire que si Quim Torra était condamné, il pourrait être destitué.

\"Liberté pour les prisonniers politiques et les exilés\" sur la Generalitat de Barcelone le 21 mars 2019..
"Liberté pour les prisonniers politiques et les exilés" sur la Generalitat de Barcelone le 21 mars 2019.. (PAU BARRENA / AFP)