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En Egypte, une campagne pour inciter les familles à avoir moins d’enfants

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En plein boum démographique alors que ses ressources, notamment en eau, sont limitées, l’Egypte sort les grands moyens pour promouvoir la famille à deux enfants.

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Radio France
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Des écoliers jouent dans la cour de récréation, dans une école de Ezbet al-Nakhln au nord du Caire, le 13 octobre 2018. (MOHAMED EL-SHAHED / AFP)

C’est une véritable bombe à retardement : avec près de 100 millions d’habitants, l’Égypte est en plein boum démographique. Pourtant, ses ressources, notamment en eau, sont limitées. Aussi, les autorités ont lancé une campagne de sensibilisation pour inciter les familles à avoir moins d’enfants. Campagne adressée particulièrement à l’Egypte rurale, profonde, aux familles les plus pauvres du sud du pays et du delta du Nil, là où la famille nombreuse reste profondément ancrée

"Deux, c’est suffisant"

Campagne d’affichage, petites pastilles à la radio et clips vidéo pour la télé et les réseaux sociaux : le gouvernement a choisi d’adopter la stratégie du buzz pour marquer les esprits, et martèle le slogan "Deux, c’est suffisant". Pour promouvoir la famille de deux enfants, des bénévoles font du porte-à-porte dans les villages. Al Azhar est aussi impliqué : la plus haute institution de l’islam sunnite participe notamment à des sessions d’information sur l’utilisation de contraceptifs. Cette campagne connaît un petit bémol : elle ne s’adresse pas directement aux jeunes.

"Ils doivent mettre en place des cours d’éducation sexuelle pour les jeunes à partir du lycée, déplore le Dr Hussein Gohar, obstétricien au Caire. Tant que nous détournerons le regard et que l’on considèrera que c’est tabou et que l’on ne doit pas parler de sexualité ou de biologie, la campagne ne marchera tout simplement pas !"

Les allocations ne couvrent plus le troisième enfant

Au-delà de la sensibilisation, une mesure est centrale dans cette campagne : depuis janvier, l’État a limité ses allocations à deux enfants par famille, alors qu’elles couvraient avant jusqu’au troisième enfant. Une décision évidemment très critiquée. "Ce n’est pas seulement une allocation versée à une femme, c’est le droit d’un enfant, Hania Sholkamy, anthropologue à l’Université Américaine du Caire. Son droit de manger, de vivre, donc ce n’est pas juste pour les enfants."

Selon moi, il est clair que la présence de services de santé dans les régions défavorisées est une meilleure approche pour contrôler les naissances

Hania Sholkamy

 

Le gouvernement prévoit bien de rénover certaines cliniques, de mettre à disposition plus de personnels et plus de moyens de contraception gratuits. Des cliniques mobiles doivent aussi être installées. Mais le budget du planning familial égyptien reste bien en-dessous de ce qu’il était dans les années 2000, lorsque la croissance démographique avait effectivement été maîtrisée.  

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