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Le rêve d'indépendance de la Californie ravivé par l'élection de Donald Trump

L'élection de Donald Trump a été très mal vécue en Californie. Aujourd’hui, une partie du Golden State veut quitter l'Union des états d’Amérique et déclarer son indépendance.

Manifestation le 13 novembre 2016 dans le Golden Gate Park, à San Francisco, après l\'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.
Manifestation le 13 novembre 2016 dans le Golden Gate Park, à San Francisco, après l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche. (BECK DIEFENBACH / REUTERS)

La Californie a voté à plus de 61% en faveur d'Hillary Clinton lors de l’élection présidentielle américaine du 8 novembre. L'élection de Donald Trump a été très mal vécue dans cet état libéral, peut-être le plus libéral du pays. Aujourd’hui, une partie du Golden State veut quitter l'Union des états d’Amérique et déclarer son indépendance. Le mouvement s'appelle Calexit (dehors la Californie) en référence bien-sûr au Brexit. Ce désir d'indépendance ne date pas de l'élection de Donald Trump mais son accession à la Maison Blanche a sans conteste donné un coup de boost au mouvement.

Des idées indépendantistes qui ne sont pas nouvelles

Le groupe s'appelle Yes California et ses responsables l'admettent volontiers : depuis le 8 novembre, l'intérêt pour leur page Facebook et l'attention médiatique ont connu une croissance exponentielle. Samedi, lors de la grande manifestation anti-Trump à Los Angeles, on a par exemple vu un panneau "La Californie n'est pas un état, c'est une nation". Un investisseur de la Silicon Valley se propose même de financer le projet. Il a déjà un logo et un nom, New California. On parle même d'une Nouvelle République du Pacifique avec l'Oregon et l'état de Washington. Sur Twitter, certains proposent Bernie Sanders en "leader suprême" ou California Love de 2Pac en hymne national. Ces idées indépendantistes ne sont pas nouvelles aux Etats-Unis. On les retrouve au Texas ou à Hawaï par exemple. Le plus souvent, il s'agit quand même plutôt de groupuscules.

Le Golden State, un état doré

Il y a cette impression ici de représenter l'avenir avec une population diverse quand les états blancs et conservateurs incarnent le passé. Politiquement, pendant que le pays vire à droite, la Californie garde le cap à gauche. Les Californiens viennent par exemple de voter la légalisation de la marijuana et prennent le réchauffement climatique très au sérieux. C'est une terre accueillante pour les homosexuels et pour les immigrés clandestins qui ont le droit de passer le permis de conduire. Économiquement, la Californie donne plus à l'état fédéral qu'elle ne reçoit depuis 20 ans. Elle produit plus de la moitié des fruits et légumes du pays. La Californie a du pétrole et des idées avec Hollywood et la Silicon Valley qui exportent une certaine idée de l'Amérique. Et puis, en termes de mode de vie bien-sûr.  Ici, vous pouvez faire du surf, aller skier et vous balader dans le désert dans la même journée. La nourriture bio est partout. Les partisans de la sécession répètent que la Californie est l'Etat le plus peuplé du pays avec 38 millions d'habitants, plus que la Pologne. C’est aussi la 6ème économie du monde, aussi bien que la France. Rien ne manque, disent-ils. Sauf peut-être de l'eau. L'état vit sa cinquième année de sécheresse.

Un retrait plus réaliste que l'indépendance

Le Brexit, Donald Trump président, pas grand monde n'y croyait. Et pourtant… Une certitude, l'insurrection n'est pas au programme. Tout se ferait pacifiquement. Mais le travail législatif serait gigantesque. Certains éditorialistes considèrent toute cette histoire comme une gesticulation médiatique. Les indépendantistes assurent qu'ils ont tout prévu. Le dollar resterait leur monnaie. Ils s'appuient sur une décision de justice de 1869 qui fixe selon eux un cadre pour sortir de l'Union. Il faudrait d'abord obtenir l'accord des 2/3 du Congrès américain puis de 38 des cinquante états. Pas gagné. Autre stratégie qui a peut-être plus de chance d'aboutir, cette sécession ne pourrait être qu'un retrait, une sorte de pression sur l'état fédéral pour mettre à bas le collège électoral, ce système de grands électeurs que beaucoup trouvent inadaptés. En 2000 et en 2016, le candidat qui a gagné le vote populaire n'a pas fini à la Maison Blanche. Yes California espère organiser un référendum dès 2019.

 

Manifestation le 13 novembre 2016 dans le Golden Gate Park, à San Francisco, après l\'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.
Manifestation le 13 novembre 2016 dans le Golden Gate Park, à San Francisco, après l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche. (BECK DIEFENBACH / REUTERS)