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En direct du monde. La Corée du Sud en lutte contre ses voyeurs high-tech

Les caméras se perfectionnent et se miniaturisent. Des voyeurs sud-coréens  en profitent pour prendre en photo des dessous féminins dans le métro, ou même pour cacher des caméras dans les toilettes publiques !

Caméra espion, en Corée du Sud, le 19 septembre 2011
Caméra espion, en Corée du Sud, le 19 septembre 2011 (PARK JI-HWAN / AFP)

Les Coréens surnomment ce phénomène  " molka ", ce qui signifie " caméra cachée " . Et les  " molkas " envahissent la rubrique des faits-divers. Ces derniers mois, deux nageurs olympiques ont été accusés d’avoir caché une mini-caméra dans le vestiaire de leurs coéquipières, un pasteur, de filmer avec son smartphone sous les jupes des filles dans un escalator, et un chauffeur de photographier les dessous de ses clientes assises dans son taxi. Une vidéo prise dans les douches d’un célèbre parc aquatique a aussi fait scandale.

Derrière cette avalanche de délits " molka " : des gadgets de plus en plus perfectionnés. Des caméras peuvent se cacher dans des boutons de veste, ou sur des stylos. Des applications permettent de prendre discrètement des photos avec son smartphone. La police a compté plus de 7 600 cas de délits de voyeurisme high-tech l’année dernière, une multiplication par sept en cinq ans ! 

Que font les autorités contre ces voyeurs  "molka " ?

La mairie de Séoul a confié cet été à 50 inspectrices la tâche de contrôler - à l’aide de détecteurs sophistiqués – des milliers de toilettes publiques et des vestiaires de gymnases.Une de ces inspectrices a raconté à l’AFP comment elle examine  "les moindres recoins des toilettes", des poignées de porte aux grilles de ventilation, en passant par le porte-papier hygiénique, pour vérifier qu’une caméra n’y est pas cachée. Une université féminine à Séoul a ainsi passé l’intégralité de son campus au détecteur ! De son côté, la police a déployé dans le métro une brigade de 80 policiers, dont la principale activité consiste à partir à la chasse aux pervers " molka ".

 Que prévoit la loi coréenne contre les voyeurs  " molka " ?

Il faut noter que le problème n’est pas nouveau : depuis déjà dix ans, la loi stipule que tous les smartphones vendus en Corée doivent émettre un  " clic " très sonore quand ils prennent une photo, pour alerter les gens autour. Mais des applications permettent de tricher et de rendre son téléphone silencieux. La loi contre tous ces délits ce voyeurisme prévoit en théorie des peines allant jusqu’à cinq ans de prison et 8 000 euros d’amende, mais en pratique, la législation se révèle difficile à appliquer, les punitions sont légères et le nombre de voyeurs  " molka " continue d’augmenter.

Caméra espion, en Corée du Sud, le 19 septembre 2011
Caméra espion, en Corée du Sud, le 19 septembre 2011 (PARK JI-HWAN / AFP)