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En direct du monde. En Russie, les adolescents appelés au suicide par des sites internet

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Des "groupes de la mort" invitent en Russie les adolescents au suicide. Ils ont fait leur apparition sur le Facebook russe. Ni les réseaux sociaux, ni les autorités ne parviennent à enrayer le problème.

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Blue whale challenge (challenge de la baleine bleue), est un jeu dangeureux apparu le Facebook russe, Vkontakte, qui pousse les adolescents au suicide. (MAXPPP)

En Russie, les autorités se trouvent confrontées à un nouveau fléau ; un mouvement qui s’étend sur l’équivalent du Facebook russe, le réseau social  Vkontakte, a été baptisé par ses organisateurs "Le défi de la baleine bleue" (en anglais, le Blue Whale Challenge), un nom en référence au cétacé, qui paraît-il, s’échoue volontairement en fin de vie. Ce groupe invite les adolescents russes à tout un tas de défis morbides qui débouchent en fin de compte sur un saut mortel. Ce genre d’invitations circule également sur Instagram.

>> En quoi consiste le "Blue Whale Challenge" ? 

Depuis plusieurs mois, on ne parle que de ça sur Internet. Tout a commencé en novembre 2015, après le suicide présumé d’une jeune fille vivant dans l’Extrême-Orient russe. Et tout un culte circule depuis, autour des photos de son cadavre gisant sur des rails, des photos postées sur le net et accompagnées de ce qui ressemble à des messages codés récupérés sur sa page de profil. 

Le mois dernier des appels auraient préparé un suicide collectif visant 5 000 personnes

Cet appel a évidemment semé la panique chez les parents d’ados, dans les écoles de Russie. Tous en ont eu connaissance vers la mi-mars, quand un message de la police a mis en garde tous les parents, leur expliquant qu’il ne fallait pas perdre de vue leurs enfants une seule seconde le jour J, car le groupe Baleine préparait donc un suicide collectif. Les médias russes se sont rapidement saisis du dossier, contribuant à faire vivre la rumeur. Certains journaux ont mené leur enquête mais aussi la télévision russe depuis l’année dernière.

Plus récemment, des dirigeants politiques ont fait des déclarations alarmistes qui ont de nouveau nourri la psychose. Un gouverneur russe a parlé d’un mouvement visant à "l’extinction de la nation", certains ont même commencé à accuser les  "nationalistes ukrainiens". On ne sait plus très bien, comme le confient certains parents, ce qu’il en est. Est-ce-que le fléau est véritable, qui le pilote ? N’est-ce-pas une expérimentation sociale pour voir à quel point l’opinion publique est manipulable ?  N’est-ce pas une excuse pour censurer davantage Internet ?  C’est ce genre de questions qui circule aussi.

Une loi en préparation 

Des mesures ont été prises par le gouvernement russe pour stopper le mouvement. Vladimir Poutine lui même a contribué à médiatiser le phénomène, en parlant d’une nouvelle menace faisant l’apologie du suicide. Du coup, une loi est en préparation pour valider le blocage extrajudiciaire des groupes sur Internet et l‘on prévoit aussi un nouvel article sur "l ’incitation au suicide" pour le code criminel.

En ce qui concerne la rumeur de suicide collectif, elle s’est avérée être un mensonge démenti par la police. Reste que le fléau du suicide existe bel et bien en Russie. La Russie qui détient d’ailleurs un record mondial peu enviable, celui du plus haut taux de suicide chez les mineurs. Finalement, l’hystérie développée autour des "groupes de la mort" détourne un peu plus l’attention des véritables raisons qui poussent nombre de jeunes Russes au suicide.

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