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En direct du monde. Au Mali, la "deudeuche" continue de séduire les conducteurs

Produite jusqu’en 1990, la 2CV est devenue une voiture mythique, bien au-delà des frontières françaises : au Mali, la"deudeuche" est plébiscitée par de nombreux automobilistes.

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Une 2CV Citroën au Conservatoire Citröen, à Aulnay-sous-Bois
Une 2CV Citroën au Conservatoire Citröen, à Aulnay-sous-Bois (JACQUES DEMARTHON / AFP)

On célébrait dimanche les 70 ans de la 2CV : Citroën l’avait officiellement présentée le 7 octobre 1948 au salon de l’automobile à Paris. Produite jusqu’en 1990, la 2CV est devenue une voiture mythique. Et cela, au-delà des frontières de la France : il n’est ainsi pas rare de croiser dans les rues de Bamako des 2CV de toutes les couleurs, bleue, blanche, rouge, orange, et de tous les modèles, classique, fourgonnette, baby brousse. Leur passage est toujours salué, par des signes de la main, ou par des klaxons, signe que 70 ans après sa création, la deudeuche est toujours autant appréciée des Maliens.

Légère, elle se faufile partout

Comment peut-on expliquer cette passion pour la 2CV au Mali ? Il s’agit d’un héritage de la colonisation française. Comme le Mali n’a accédé à son indépendance qu’en 1960, pendant la colonisation, les marques françaises étaient privilégiées, et donc forcément Citroën. Une habitude qui a perduré après l’indépendance, avec notamment une usine de 2CV en Côte d’Ivoire, près du Mali. Cette passion pour la deudeuche s’explique aussi par les caractéristiques de cette voiture : elle est très légère, et donc elle se faufile partout, que ce soit sur goudron ou sur piste. Elle a toujours eu un prix assez bas, aujourd’hui au Mali une 2CV en état de rouler se négocie aux alentours de 3 000 euros. Sa mécanique est par ailleurs plutôt simple, ce qui permet de la réparer, de la bricoler facilement.

Une cinquantaine de passionnés regroupés en club

Cette passion se vite au Mali à peu près comme en France : c’est à dire qu’ici aussi il y a un club, le Club des amis des 2CV Mali baby, qui regroupe une cinquantaine de passionnés, avec autant de 2CV, mais aussi des Dyane, ou des Mehari. Ce club été créé l’année dernière et permet surtout à ses membres de s’entraider. Car, forcément, il faut bichonner ces grand-mères de 70 ans, et donc trouver des pièces de rechange. Et c’est assez difficile : il faut soit les faire venir d’Europe, soit adapter des pièces d’autres voitures. Le Club des amis des 2CV Mali baby se retrouver aussi une fois par trimestre, pour faire une sortie dans les environs de Bamako, une sortie assez remarquée : il faut imaginer une vingtaine de 2CV qui se suivent, au milieu des vieilles Mercedes, des 4x4 flambant neufs, et des motos. Les membres du club sont même allés plus loin : en janvier, ils ont voyagé jusqu’au Sénégal, un road-trip de près de 3 000 kilomètres, en 2CV ! L’année prochaine, leur projet est de se rendre jusqu’en Europe. Toujours en deudeuche, en baby brousse.

Une 2CV Citroën au Conservatoire Citröen, à Aulnay-sous-Bois
Une 2CV Citroën au Conservatoire Citröen, à Aulnay-sous-Bois (JACQUES DEMARTHON / AFP)