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En direct du monde. A Ramallah, l'intifada des couteaux est considérée comme une politique du "tirer pour tuer"

Des organisations de défense des droits de l'Homme dénoncent une politique systématique du "tirer pour tuer" adoptée par l’armée israélienne depuis le début de l’intifada des couteaux qui a coûté la vie à 250 Palestiniens et 35 Israéliens.

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Des Palestiniens manifestent à Ramallah, le 17 février 2017.
Des Palestiniens manifestent à Ramallah, le 17 février 2017. (ISSAM RIMAWI / ANADOLU AGENCY)

Elor Azarya, un soldat israélien reconnu coupable d'homicide après avoir abattu un Palestinien blessé et désarmé à la suite d'une agression au couteau il y a un an en Cisjordanie a été condamné mardi 21 février à dix-huit mois de prison. Il encourait de trois à cinq ans de prison. 

L'escalade

Quelques minutes seulement avant qu’Elor Azarya n’achève d’une balle dans la tête Abdel Fatah Al Sharif, le jeune assaillant présumé, ce matin du 24 mars 2016 à Hébron, un premier Palestinien a été abattu par un autre soldat. Mais au même endroit et dans des conditions similaires, c’est à dire qu’il ne représentait plus une menace, selon des témoins oculaires.

Le militaire en question lui n’a pas été poursuivi pour homicide. La raison ? Aucune vidéo n’a été prise à cet instant précis selon Al Haq, la plus ancienne organisation palestinienne de défense des droits de l’Homme et ce n’est pas le seul cas selon elle. Cette même organisation dénonce même une politique systématique du "tirer pour tuer".

La majorité des dossiers classés sans suite selon une ONG

En partenariat avec l’ONG Human rights watch, Al Haq a mené une vaste enquête sur la vague de violences qui secoue Israël et les Territoires palestiniens depuis 2015. Elles ont décortiqué plus de 150 dossiers litigieux d’assaillants palestiniens tués par des soldats israéliens. Après avoir eu accès aux procès-verbaux, interviewé des témoins oculaires et visionné les rares vidéos disponibles, elles avancent que dans 85% des cas, il s’agit d’exécutions sommaires qui auraient pu être évitées.

Human rights watch parle d’un permis de tuer délivré par la hiérarchie aux soldats qui ne sont pas en situation de danger. L’armée israélienne s’en défend et affirme respecter le droit en justifiant que les soldats font face à des attaques terroristes et qu’ils doivent neutraliser les menaces imminentes. Le porte-parole des forces de défense d’Israël rajoute que "chaque cas suspect fait l’objet d’une enquête". Pourtant 97% des 150 affaires suivies de près par les ONG ont été classées sans suites. Elles comptent saisir prochainement la Cour pénale internationale pour obtenir justice sur ces dossiers. 

Des Palestiniens manifestent à Ramallah, le 17 février 2017.
Des Palestiniens manifestent à Ramallah, le 17 février 2017. (ISSAM RIMAWI / ANADOLU AGENCY)