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En direct du monde. A Barcelone, des anarchistes vent debout contre le tourisme de masse

Alors que la capitale de la Catalogne sature de ses trop nombreux touristes, un groupe d’anarchistes locaux multiplie les actions pour protester contre le tourisme de masse.

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Foule sur les Ramblas, le 23 avril 2017.
Foule sur les Ramblas, le 23 avril 2017. (JOSEP LAGO / AFP)

La capitale de la Catalogne sature de ses trop nombreux touristes : c'est du moins l'avis d'un groupe d'anarchistes locaux. Le 27 juillet dernier, quatre de ses membres ont attaqué un car de touristes près du stade du Camp Nou, crevant ses pneus et peignant "le tourisme tue les quartiers" sur le véhicule. 

Pas de tourismophobie mais de "l’auto-défense" 

Il s’agit d'un groupe d'anarchistes de la gauche radicale catalane qui revendique l’indépendance des pays catalans, mais aussi la lutte contre le tourisme de masse. Selon eux, ce type de tourisme détruit les quartiers et le territoire et condamne les travailleurs catalans à la misère en multipliant les emplois précaires et temporaires, qui n’apportent finalement de bénéfices qu’à quelques-uns. Pour eux, l’attaque du bus touristique de Barcelone est légitime : dans un message publié sur leur compte Twitter, ils écrivent ainsi qu’il ne s’agit pas de tourismophobie, mais d’autodéfense face à la destruction des quartiers. 

Après l’attaque, tous les partis, y compris celui de la coalition, ont condamné l’action du groupe. A l’exception de la CUP, le parti de la gauche anti-capitaliste et indépendantiste catalane. En fait, le groupe anarchiste auteur de l’attaque est considéré comme l’organisation de jeunesse de la CUP, laquelle tient toujours entre ses mains le sort du gouvernement régional catalan, qui a condamné l’attaque, tout comme la mairie de Barcelone. Leurs reproches envers la CUP ont cependant été beaucoup plus timides.

Une aubaine devenue un problème pour les Barcelonais 

Presque l’ensemble du pays semble se dresser contre le tourisme de masse : ces dernières semaines, on a constaté plusieurs actes de vandalisme à Barcelone et à Palma de Majorque ainsi qu’au Pays Basque, où la gauche radicale a rallié le mouvement de contestation. Il faut dire que depuis la fin des années 1950, le tourisme s’est fortement développé en Espagne, à un point tel qu’il est devenu le premier secteur économique du pays - il représente plus de 11% du PIB -  avec plus de 75 millions de touristes étrangers en 2016. Une aubaine pour certains mais une nuisance pour d’autres, lesquels dénoncent l’explosion du prix des loyers, ou la dégradation des conditions de vie dans leur ville transformée en parc thématique. Selon une enquête publiée récemment par la mairie de Barcelone, le tourisme est devenu le principal problème de la ville pour 19% des personnes interrogées.

Foule sur les Ramblas, le 23 avril 2017.
Foule sur les Ramblas, le 23 avril 2017. (JOSEP LAGO / AFP)