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En Corée du Sud, les autorités interdisent l'envoi de messages hostiles à Pyongyang

Conséquence de la détente amorcée entre les deux Corées : depuis fin avril, les messages de propagande pour critiquer le camp opposé ne peuvent plus traverser la frontière.

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Les policiers sud-coréens arrêtent un réfugié du Nord qui tentait d\'envoyer des messages, contre le régime de Pyongyang, de l\'autre côté de la frontière, le 5 mai, près de la zone démilitarisée à Paju.
Les policiers sud-coréens arrêtent un réfugié du Nord qui tentait d'envoyer des messages, contre le régime de Pyongyang, de l'autre côté de la frontière, le 5 mai, près de la zone démilitarisée à Paju. (JEON HEON-KYUN / EPA)

Les dirigeants de la Corée du Sud, de la Chine et du Japon se réunissent mercredi 9 mai à Tokyo pour évoquer les derniers développements diplomatiques dans la péninsule coréenne. La détente amorcée fin avril entre les deux Corées, à la suite du sommet de leurs dirigeants, ne plaît pas à tout le monde. Les réfugiés nord-coréens, qui veulent faire parvenir à la population de Corée du Nord des informations venues du Sud, se heurtent depuis peu à l'opposition de Séoul.

Dollars et musique dans des bouteilles à la mer

Tous les moyens sont bons pour envoyer des messages. La semaine dernière, une trentaine de réfugiés nord-coréens et de militants américains des droits de l’homme se sont réunis sur une plage en face de la Corée du Nord. Ils ont glissé du riz, des dollars et des clefs USB contenant des clips de musique ou des films dans des bouteilles en plastique. Elles ont ensuite été jetées à la mer pour être portées par le courant jusqu'aux rivages nord-coréens.

Une pratique indispensable, assure Park Jeong-oh. Ce Nord-Coréen réfugié au Sud veut continuer à alerter les populations du Nord, malgré l'apaisement dans la région :" Beaucoup de gens disent que c'est presque la réunification avec le Nord, explique-t-il. Mais, le rapprochement actuel n'est bien que pour Kim Jong-un et son régime. Les Nord-Coréens ordinaires, eux, n'ont toujours aucun droit "

Séoul a débranché ses haut-parleurs

Depuis le sommet historique du 27 avril dernier, Kim Jong-un et son homologue du Sud, Moon Jae-in, ont décidé de mettre fin à toutes leurs opérations de guerre psychologique et d’envoi de matériel critiquant le camp opposé. L’objectif est d’apaiser les tensions. Séoul a ainsi démantelé ses haut-parleurs surpuissants qui diffusaient de la propagande anti-communiste le long de la ligne de démarcation.

Samedi, la police sud-coréenne a empêché à un groupe de transfuges nord-coréens d’envoyer au Nord, par-dessus la frontière, des ballons gonflés à l’hélium remplis de prospectus contre le régime de Pyongyang. Des échauffourées entre police et militants ont éclaté. La Corée du Sud a officiellement demandé aux associations de cesser ces envois réguliers qui augmentent les risques d’accrochage militaire. Il y a quatre, l’armée nord-coréenne avait tiré à la mitrailleuse sur ces ballons.

Un dilemme pour la Corée du Sud

Ces réfugiés nord-coréens accusent le gouvernement sud-coréen de violer leur liberté d’expression. Ils ne croient pas du tout à la sincérité du régime nordiste et accusent les récentes ouvertures de Kim Jong-un d’être un leurre. La Corée du Sud fait face à un véritable dilemme. En tentant d’améliorer ses liens avec le Nord, elle risque de violer la liberté d’expression de ses propres citoyens qui cherchent à briser l’isolement dans lequel est enfermée la population nord-coréenne. L’ironie est cruelle pour le président sud-coréen Moon Jae-in, qui a longtemps été un avocat des droits de l’homme avant de se lancer en politique.

Les policiers sud-coréens arrêtent un réfugié du Nord qui tentait d\'envoyer des messages, contre le régime de Pyongyang, de l\'autre côté de la frontière, le 5 mai, près de la zone démilitarisée à Paju.
Les policiers sud-coréens arrêtent un réfugié du Nord qui tentait d'envoyer des messages, contre le régime de Pyongyang, de l'autre côté de la frontière, le 5 mai, près de la zone démilitarisée à Paju. (JEON HEON-KYUN / EPA)