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En Corée du Sud, l’équipe coréenne unifiée de hockey sur glace confrontée à un problème de lexique

L’une des sensations des JO d’hiver 2018 est la présence exceptionnelle d’une équipe coréenne unifiée en hockey sur glace féminin. Elle fait cependant face à une difficulté : les termes de hockey que les joueuses utilisent ne sont pas du tout les mêmes.

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franceinfoFrédéric OjardiasRadio France

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Hwangbo Young, ancienne joueuse de l’équipe nationale nord-coréenne qui a trouvé refuge en Corée du Sud, le 4 avril 2017 à Séoul.
Hwangbo Young, ancienne joueuse de l’équipe nationale nord-coréenne qui a trouvé refuge en Corée du Sud, le 4 avril 2017 à Séoul. (JUNG YEON-JE / AFP)

Les Jeux Olympiques d’hiver ont commencé en Corée du Sud. L’une des sensations de la compétition est la présence exceptionnelle d’une équipe coréenne unifiée en hockey sur glace féminin. Ces hockeyeuses du Nord et du Sud font face à une petite difficulté étonnante : les termes de hockey qu’elles utilisent ne sont pas du tout les mêmes…

Après 70 ans de division, la langue a divergé

La langue coréenne est la même de part et d’autre de la frontière, mais après sept décennies de division, elle a commencé à diverger. Le coréen parlé au Sud a adopté de nombreux anglicismes, mots ou expressions tirées de langues étrangères, tandis qu’au Nord, on utilise des néologismes en "pur" coréen. Résultat : les termes techniques sont souvent différents. Sarah Murray, l’entraîneuse canadienne de l’équipe coréenne unifiée, en a fait l’expérience : "Le nord-coréen est différent du sud-coréen, explique-t-elle. Lors de nos briefings, il faut donc traduire de l’anglais au sud-coréen, puis au nord-coréen ! Cela dure donc trois fois plus longtemps. C’est vraiment difficile quand il y a trois langues différentes dans une même équipe !"

Il a donc fallu trouver des solutions pour aider les joueuses à mieux communiquer ensemble sur la glace. Ainsi, les hockeyeuses se sont vu remettre un lexique de trois pages, qui contient le vocabulaire spécifique au hockey, en anglais, en coréen du Sud, et en coréen du Nord. Mais le problème est loin d’être insurmontable, relativise Hwangbo Young. "Les hockeyeuses nord-coréennes vont peut-être entendre pour la première fois le mot 'shoot', qui veut dire 'tir', explique l’ancienne joueuse de l’équipe nationale nord-coréenne qui a trouvé refuge en Corée du Sud. Elles, elles utilisent le mot coréen pour 'attaque'. 'Faire la passe' se dit 'pass' au Sud, et 'contacter' au Nord. 'Changement' de joueur, c’est 'change' ici et 'remplacement' là-bas. Hors-jeu se dit 'offside' au Sud et 'violation d’attaque' au Nord. Mais les hockeyeuses ont appris tous ces mots lors de leurs entraînements conjoints, donc je ne pense pas que ces différences linguistiques seront un problème."

Un tiers du vocabulaire entre Nord et Sud est différent

Certains spécialistes estiment qu’un tiers du vocabulaire entre Nord et Sud est désormais différent. Mais la grammaire et les mots d’usage courant restent les mêmes, si bien que les hockeyeuses de l’équipe unifiée ne pourront pas utiliser cette excuse si elles perdent leurs matchs. Elles ont d’ailleurs perdu leur première rencontre contre la Suisse, 8 à 0... Une défaite due surtout au peu de temps dont elles ont disposé pour s’entraîner ensemble plutôt qu’à ces petites différences linguistiques.

Hwangbo Young, ancienne joueuse de l’équipe nationale nord-coréenne qui a trouvé refuge en Corée du Sud, le 4 avril 2017 à Séoul.
Hwangbo Young, ancienne joueuse de l’équipe nationale nord-coréenne qui a trouvé refuge en Corée du Sud, le 4 avril 2017 à Séoul. (JUNG YEON-JE / AFP)