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En Colombie, les hippopotames se multiplient

Le plus grand et le seul troupeau sauvage d’hippopotames hors d’Afrique est en Colombie sur les rives du fleuve Magdalena. Il est l’encombrant héritage laissé par le chef de la drogue Pablo Escobar dans ce pays d’Amérique latine. C'est une attraction pour ces vacances et une véritable curiosité scientifique.

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(photo d'illustration © AFP / Christophe Ravier / Biosphoto /)

Les hippopotames ne vivent normalement qu’en Afrique et on en trouve dans les zoos. La Colombie est la seule à avoir son petit troupeau sauvage: une cinquantaine d’individus. Ils se baladent dans la très chaude vallée du fleuve Magdalena, qui traverse le pays dans presque toute sa longueur.

Ces 50 hippos sont les descendants de deux couples achetés par l’extravagant baron de la drogue Pablo Escobar. Le narcotrafiquant avait fait venir girafes, fauves, singes, qu’il hébergeait chez lui, dans son hacienda de 20.00 hectares, transformée en zoo. Après sa mort, en 1993, le domaine de Napoles a longtemps été laissé à l’abandon. Les animaux ont été donnés à d’autres zoos, sauf les hippopotames, dont personne ne voulait.

Des hippopotames qui se sont reproduits

Sans que personne ou presque n’y prête attention: la région a longtemps été au coeur d’une guerre sanglante entre factions armées. Seuls les paysans, chassés de chez eux par la violence, et qui ont, un temps, occupé les terres de l’ancien narco savaient que d’énormes animaux un peu bizarres vivaient là. Il y a dix ans, pour la première fois, les autorités locales se sont plaintes de l’anomalie : il y avait des hippopotames libres dans le coin. A l’époque, une vingtaine.

Depuis, la ferme d’Escobar a été rachetée pour en faire un parc d’attraction et ces gros animaux en sont le symbole. En Colombie, vous pouvez, si vous tombez au bon moment, nourrir au biberon des bébés hippopotames et caresser leur peau rosée.

Mais le parc a du mal à contrôler la population et aujourd’hui ces fameux hippopotames deviennent un problème dans la région voire même plus loin puisque certains ont été vus à 150 km du zoo. Il leur est assez facile de sortir par les cours d’eau et de remonter le fleuve.

Dans les hameaux voisins, on les croise au petit matin en train de brouter, et on peut facilement tomber nez à nez avec un de ces animaux, la nuit sur un chemin et même sur l’autoroute qui passe tout prêt. Depuis quelques mois, les autorités recommandent d’ailleurs aux conducteurs de ne pas les approcher. Les hippopotames sont des animaux dangereux. S’il n’y a jamais eu d’attaques, les Colombiens savent qu’ils peuvent charger.

Par ailleurs on ignore quels seront les effets de cette nouvelle population sur la biodiversité. Les hippos n’ont pas de prédateurs et ont toutes les chances de se multiplier aux dépends d’autres espèces.

Solution : la castration

En 2009, l’armée avait abattu un mâle qui s’était échappé. La mort de "Pépé", c’était son petit nom, avaient provoqué l’indignation des défenseurs des animaux.  La seule solution aujourd’hui consiste à les castrer, mais, parait-il, castrer un hippo, c’est assez compliqué.

(photo d'illustration © AFP / Christophe Ravier / Biosphoto /)