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En Chine, un passe-temps ancestral ne se démode pas : le combat de grillons

En cette fin d’année, franceinfo vous emmène en Chine, à la découverte d’un jeu ancestral des Chinois : le combat de grillons. C’est un amusement qui traverse les époques.

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Edité par Mariam El KurdifranceinfoDominique AndréRadio France

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Combat de grillons à l\'est de la Chine en 2011.
Combat de grillons à l'est de la Chine en 2011. (XIE XIUDONG / XINHUA)

Depuis l’époque impériale, les Chinois élèvent des grillons ou des criquets pour les combats. Ils sont des millions à assister à ce jeu encore populaire et très organisé en Chine.

Dans le sud de Pékin, où se trouve le grand marché de Shilihe qui vend des milliers d’insectes, des oiseaux, des poissons, il faut surtout prendre le temps de parler avec la personnalité locale, M. Zhao. Il a une boutique remplie de grillons et de sauterelles, il assure aussi la fonction de car oui, ça existe ! "Pour les Chinois, s’amuser avec les grillons c’est un passe-temps qui date de la dynastie des empereurs Tang. Les Chinois adorent ça", explique M. Zhao.

Un spectacle musical

Le principal n'est pas de voir les adversaires combattre, mais de les entendre chanter. 

Ils aiment entendre leur chant et voir les combats. Le combat de grillon consiste à regarder qui des deux grillons va gagner ou perdre. Ils ne se mordent jamais à mort

M. Zhao

franceinfo

"Il y a quatre sortes de combat chez les grillons", explique aussi le secrétaire général du comité des insectes chantants. "Le premier, c’est le PenKou. Un des deux grillons s'enfuit après le premier contact. Cela se passe très rapidement, comme si l'autre avait soufflé sur lui. Il y a aussi le BeiKou : un grillon renverse l'autre et le met sur  le dos. Le troisième, c'est le LiuKou : après la rencontre des deux grillons, les deux se tiennent la bouche avec leurs pattes, aucun ne veut lâcher en premier. Enfin, le KouKou : dès le premier contact, l’un ou les deux grillons se retrouvent sur le dos. On dirait la forme de la Tour Eiffel. Puis un grillon jette l’autre en l’air", détaille M. Zhao.

M. Zhao, gérant d\'une boutique de grillons et secrétaire général du comité des insectes chantants.
M. Zhao, gérant d'une boutique de grillons et secrétaire général du comité des insectes chantants. (DOMINIQUE ANDRE/RADIO FRANCE)

Une "maison" pour son grillon : un pot

Les Chinois peuvent dépenser beaucoup d'argent pour ce jeu. Il faut acheter un grillon, mais aussi tout le matériel pour l’élever : une petite maison, c’est-à-dire un pot qui peut coûter plusieurs centaines d’euros. Il est en terre cuite, en bambou et autrefois en ivoire. On évalue la qualité des pots aux sons qu'ils émettent. "Ce pot vient d'un fabriquant connu. Ecoutez", explique M. Zhao a tapotant sur l'objet en terre cuite. "Ça sonne métallique", conclut-il. "Celui-là est aussi de quelqu'un de connu. Le son est bon. Le troisième, écoutez-le, c'est un pot bien moyen", poursuit-il en faisant ressortir un son plus étouffé.

La différence est importante car en dépend la qualité du chant. "Les utilisations sont toutes les mêmes. La qualité du pot ne réduit pas la vie de l'insecte. Mais c’est pour la qualité du chant", explique en effet l'expert.

De 10 euros à plus de 150 euros la "maison"

Le prix d'un pot varie énormément en fonction de sa qualité."Lui, c'est une dizaine d’euros", montre M. Zhao. "Celui-la, c’est plusieurs dizaines d’euros, et le premier que tu as entendu, c’est plus de 150 euros. La qualité du son est  très différente, ce qui fait que le chant du grillon qui est dans le pot, est de bien meilleure qualité", indique M. Zhao.

Il élève aussi des sauterelles pour qu’elles puissent ensuite participer à des concours de chant comme le guo guo, la diva des sauterelles qui remporte tous les concours de chant en Chine. Il vend également des petites boîtes dans laquelle on place la sauterelle. Puis on la met dans  la poche du manteau. Le chant du guo guo vous réchauffe le cœur, disent les vieux Pékinois. C’est un porte bonheur.   

Combat de grillons à l\'est de la Chine en 2011.
Combat de grillons à l'est de la Chine en 2011. (XIE XIUDONG / XINHUA)