En Bolivie, une ville de l'est du pays est devenue un "repaire" des narcos brésiliens

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Un reportage révèle qu'une ville de l'est de la Bolivie est un "sanctuaire" des barons de la drogue brésiliens. 

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Radio France
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Des saisies de cocaïne. (Photo d'illustration) (ANTHONY WALLACE / AFP)

Un reportage brésilien soulève la polémique en Bolivie. Dans l’enquête du journaliste Marcelo Godoy, publié dans le quotidien O Estado de Sao Paulo (article en brésilien et pour les abonnés), on découvre que des narcotrafiquants brésiliens vivent dans le pays voisin. La Bolivie serait devenue un "repaire" de barons de la drogue brésiliens.

Marcelo Godoy a enquêté sur l’organisation Premier Commando de la Capitale, il s'agit d'une organisation mafieuse brésilienne extrêmement puissante, notamment dans le milieu carcéral. La branche trafic de drogue de ce cartel s’appelle Narcosur, et ce sont certains de ses responsables qui ont été repérés dans la ville de Santa Cruz de la Sierra, dans l’est de la Bolivie. Selon l’article, ces criminels investissent dans des commerces divers de la ville - des bijouteries, des cliniques, des restaurants - et vivent une vie apparemment normale, comme monsieur et madame Tout le monde.

Des cartels protégés par la police

Ces trafiquants de drogue ont choisi la Bolivie car premièrement la Bolivie est un pays producteur de coca, et donc de cocaïne. Dans le pays la feuille est légale, pour des usages traditionnels, mais il existe également du trafic de cocaïne, même si c’est en bien moindre mesure qu’en Colombie ou au Pérou. Deuxième raison pour laquelle les trafiquants brésiliens se seraient installés en Bolivie c'est parce que le trafic de cocaïne est encore "rudimentaire". "Nous sommes plus sur un modèle composé de plusieurs petites organisations, explique Diego Giacoman, expert en politiques de lutte contre le trafic de drogues. Ce ne sont pas de grands groupes avec beaucoup de capital mais plutôt des organisations familiales. Donc il y a de la place pour des investissements étrangers, du Brésil notamment, pour structurer le trafic à un niveau supérieur. " Enfin, dernière raison de leur présence, ces responsables de cartels seraient, toujours selon l’enquête publiée la semaine dernière, protégés par la police bolivienne, connue pour être corrompue.

À la publication de ce reportage les réactions ont été nombreuses. Du côté de l’opposition, les critiques sont nombreuses également, et un député de centre droit a même exprimé de forts soupçons concernant le président Luis Arce, qui protégerait selon lui ces criminels en raison de certaines affinités politiques. On rappelle que l’ex-président Evo Morales, du même parti que l’actuel chef d’État, est un producteur de coca lui-même. Du côté du gouvernement, on a annoncé une action en justice contre le journal brésilien qui a publié l’enquête, car ces affirmations seraient je cite "fausses et irresponsables".

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