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En Bolivie, La Paz croule sous les déchets : un glissement de terrain a paralysé le ramassage des ordures

Les autorités de La Paz peinent à gérer la crise sanitaire due à un amoncellement d'ordures, qui provoque la colère de habitants. 

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Un employé municipal ramasse des ordures autour d\'un conteneur dans une rue de La Paz, en Bolivie, le 21 janvier 2019. 
Un employé municipal ramasse des ordures autour d'un conteneur dans une rue de La Paz, en Bolivie, le 21 janvier 2019.  (AIZAR RALDES / AFP)

La capitale administrative bolivienne croule sous ses déchets. Même si une solution semble se profiler, la situation est difficilement supportable pour les habitants de La Paz. Les autorités peinent à gérer la crise sanitaire créée par les tonnes d'ordures accumulées dans les rues.

Une coulée de 850 000 tonnes d'ordures 

La décharge publique d'Alpacoma qui reçoit les déchets de la ville de La Paz a, en quelque sorte, lâché. Ce site de dépôt des ordures est divisés en fosses, appelées casiers. L'un de ces casiers s’est rompu sous l'effet d'un glissement de terrain, entraînant le déversement de milliers de tonnes de déchets aux alentours du site. Le résultat, très impressionnant, ressemble à une marée de déchets, une véritable rivière de poubelles sur 15 km2 au milieu de la montagne. Au total, 850 000 tonnes de poubelles auraient été ainsi déversées, avec tout ce que cela implique d’infiltration de liquides toxiques, d’émanation de gaz et évidemment, d’odeurs.

Cela fait déjà des années que les riverains se plaignent d’odeurs nauséabondes et redoutent que la décharge ne déborde. Mais il semblerait que rien n’ait été fait de la part de la municipalité, ou en tout cas pas grand-chose. Et le pire cauchemar de ces habitants s’est réalisé. L’odeur est insupportable. Plus inquiétant encore, les ruisseaux du secteur vont ensuite se jeter dans la rivière en contrebas. Une rivière utilisée pour irriguer les champs. C'est pourquoi les riverains ont décidé de bloquer l’accès à la décharge. Pour eux, vu la situation, il n'est pas question de continuer à la remplir comme si de rien n’était, disent-ils. Des dizaines de camions-poubelles se sont retrouvés empêchés de passer et sont retournés à leurs dépôts, remplis de déchets.

Une crise devenue très politique

Face au blocage, La Paz a voulu mettre ses déchets dans la décharge d'El Alto, une ville de sa banlieue. L’accord était sur le point d’être signé entre les deux municipalités mais un dirigeant d’une organisation de riverains a refusé. Il appartient au parti présidentiel, le MAS, opposé au parti des deux maires. En Bolivie, les conseils de quartier sont très puissantes et cet accord a provoqué la colère des habitants de La Paz qui, sur les réseaux sociaux, se sont passés le mot pour aller déposer leurs poubelles devant le domicile de ce dirigeant, en diffusant notamment des photos.

Car à La Paz les conteneurs débordent, il y a des sacs-poubelle à chaque coin de rue. Les déchets n’ont pas été ramassés pendant quasiment deux semaines. La situation était véritablement intenable, jusqu’au 29 janvier. Sur intervention du président de la Bolivie, Evo Morales lui-même, la situation semble s’être débloquée. Il est de nouveau possible d’accéder à la décharge de La Paz que la municipalité s’est engagée à fermer définitivement sous 60 jours.

Un employé municipal ramasse des ordures autour d\'un conteneur dans une rue de La Paz, en Bolivie, le 21 janvier 2019. 
Un employé municipal ramasse des ordures autour d'un conteneur dans une rue de La Paz, en Bolivie, le 21 janvier 2019.  (AIZAR RALDES / AFP)