En Afrique du Sud, la plus grande population de rhinocéros blancs mise en vente

Une ferme de plus de 2 000 rhinocéros est mise aux enchères mercredi. Le premier prix est à 10 millions de dollars. Le propriétaire de la ferme tire sa révérence à l'âge de 81 ans. Il cède le projet de toute une vie, mais un projet contesté.
Article rédigé par France Info - Romain Chanson
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Des rhinocéros écornés errent sur le terrain de la ferme de John Hume' à Klerksdorp, dans la province du Nord-Ouest de l'Afrique du Sud, le 3 février 2016. (MUJAHID SAFODIEN / AFP)

Depuis 30 ans, John Hume dépense sa fortune dans l'élevage des rhinocéros blancs "pour sauver", dit-il, la population de cette espèce. Il a donc construit une ferme ultra sécurisée où sont élevés des rhinocéros avec un certain succès car son troupeau n'a cessé de croître. Il n'y a plus aucun braconnage sur sa ferme depuis six ans. Finalement, John Hume possède 13% de la population mondiale de rhinocéros blancs.

Une question se pose : à quoi bon multiplier les rhinocéros dans une réserve si ceux-là sont en danger partout ailleurs ? Il ne manque pas de rhinocéros blancs, il manque des espaces où ils peuvent vivre en toute sécurité, disent les experts du Groupe spécialiste des rhinocéros africains. Ils reprochent d'ailleurs à John Hume de se concentrer sur le rhinocéros blanc, dont la population est peu en danger par rapport au noir, qui compte moitié moins de spécimens.

Cinq millions par an pour gérer la ferme

Selon les experts, cette vente aux enchères représente l'échec d'un modèle de conservation car beaucoup trop coûteux et focalisé sur une population moins à risque. John Hume, lui, se félicite d'avoir fait augmenter la population mondiale de rhinocéros blancs. Mais au prix de toutes ses économies. Il a longtemps espéré pouvoir faire lever l'embargo international sur la vente de cornes et vendre son stock estimé à 10 tonnes, soit plusieurs centaines de millions d'euros.

John Hume espère renflouer son portefeuille et trouver un héritier à sa ferme. Il aimerait attirer un riche homme d'affaires soucieux de l'environnement, pour qui dépenser cinq millions par an pour la gestion de la ferme n'est pas un problème. Dans un contexte très défavorable : le braconnage a fait exploser les coûts de sécurisation des réserves. Message d'avertissement au futur acheteur : vos rhinocéros ne sauveront pas l'espèce, mais ils peuvent, par endroits, sauver certaines populations. 

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