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"Cela n’était pas arrivé depuis la Seconde guerre mondiale" : Suède et Finlande reprennent les armes (pour des manoeuvres)

Si le scénario fictif met en scène une agression venue de l'est, les manœuvres organisées à la frontière entre la Finlande et la Suède sont la marque d'une crainte grandissante face au puissant voisin russe.

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Un transporteur à chenilles lors d\'un exercice militaire suédois dans le nord-est de la Suède, le 22 mars 2019.
Un transporteur à chenilles lors d'un exercice militaire suédois dans le nord-est de la Suède, le 22 mars 2019. (NAINA HELEN JAAMA / TT NEWS AGENCY)

Au fond du golfe de Botnie, à la frontière avec la Finlande, la Suède organise des manœuvres militaires de grande ampleur en compagnie de ses voisins norvégiens et finlandais. Dans une ambiance de guerre, les blindés qui progressent dans la neige et le bruit des mitrailleuses se font entendre. Baptisées "Northern Wind", ces manœuvres sont exceptionnelles. La Suède, comme les autres pays scandinaves, ont plutôt une tradition pacifiste et de neutralité.

Notre priorité, aujourd’hui, c’est la défense du pays. Et pour ça, il faut s’entraîner.

Le colonel suédois Stefan Smedman

à franceinfo

Pourtant, les temps changent. Le pays nordique accueille, à partir du 25 mars, ses voisins pour des manœuvres qui rassemblent 10 000 hommes. Dans un environnement arctique très rude, elles sont aussi exceptionnelles, car on pensait qu’elles appartenaient à une autre époque, celle de la Guerre froide. La dernière fois qu’un tel déploiement de force dans la région a été vu, c’était il y a près de trente ans.

Le colonel suédois Stefan Smedman, qui dirige cet exercice militaire, explique son scénario : "Dimanche, la semaine dernière, notre frontière a été attaquée. Le gouvernement suédois a déclaré l’état de guerre. Notre armée mobilise ses troupes avec l’armée finlandaise. C’est une agression depuis l'est, mais c'est un scénario fictif. Ce n’est pas une agression des Russes."

Se préparer face à la menace russe

Quand ce haut gradé dit que ce ne sont pas les Russes, il faut comprendre le contraire. Cette menace est la principale raison de cet exercice militaire. Depuis l’annexion de la Crimée, en 2014, les pays scandinaves ont décidé de redonner la priorité à leurs forces armées. C’est notamment le cas de la Suède, qui vient de rétablir le service militaire et qui veut doubler ses effectifs d’ici 2035.

L'autre pays très concerné par les ambitions russes est la Finlande. Elle partage une frontière de 1 300 kilomètres avec son puissant voisin. Pour le colonel finlandais Jari Osmonen, ces manœuvres sont aussi un moment historique : "Samedi dernier, j’ai traversé la frontière entre la Suède et la Finlande avec 1 500 soldats, cela n’était pas arrivé depuis la Seconde guerre mondiale."

Pour l'instant, les Scandinaves ne craignent pas d’irriter les Russes. Pour ces derniers, le franchissement de la ligne rouge serait une adhésion de la Suède et de la Finlande à l’Otan, sachant que la Norvège en fait déjà partie. Si ce n’est pas d’actualité, il est intéressant de noter que des marines américains et des commandos britanniques participent aussi à ces manœuvres qui vont durer jusqu’à mercredi.

Un transporteur à chenilles lors d\'un exercice militaire suédois dans le nord-est de la Suède, le 22 mars 2019.
Un transporteur à chenilles lors d'un exercice militaire suédois dans le nord-est de la Suède, le 22 mars 2019. (NAINA HELEN JAAMA / TT NEWS AGENCY)