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Aux Etats-Unis, le FBI peine à recruter

Le Federal Bureau of Investigation ferait-il moins rêver ? En 2018, ils n'étaient que 13 000 candidats, contre 21 000 en moyenne les années précédentes.

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Le directeur du FBI, Christopher Wray, à Washington.
Le directeur du FBI, Christopher Wray, à Washington. (WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)

Le bureau fédéral d’enquête continue d’inspirer les scénaristes. Pour preuve, cette série appelée FBI lancée à l’automne dernier sur CBS. Mais dans la vraie vie, le bureau fédéral a de plus en plus de mal à recruter. Auparavant, il y avait chaque année 21 000 candidats à postuler pour intégrer l’institution créée dans les années 30 par J. Edgar Hoover. En 2018, ils n'étaient que 13 000 candidats.

Moins de candidats et une image entachée

Plusieurs raisons expliquent cette désaffection. Le taux de chômage est bas aux Etats-Unis (moins de 4%). Il y a donc moins de demandeurs d'emploi. La réputation du "Bureau" a peut-être aussi été ternie ces derniers mois, au moins chez les supporters de Donald Trump, alors que ce dernier passe une bonne partie de son temps à taper sur le FBI en raison de l’enquête russe.

Le bureau fédéral réagit en faisant de la publicité, et en modifiant ses critères de recrutement. Une campagne intitulée Unexepected agents, à destination des noirs, des hispaniques et des femmes, propose d’intégrer le prestigieux bureau. Aujourd’hui, 67% des agents du FBI sont des hommes blancs.

Un désamour généralisé

Les autres services de police sont aussi concernés, à travers tout le pays. Il semble qu’il y ait une vraie fatigue des policiers, et ils sont nombreux à claquer la porte de l’institution, à rendre leur insigne parfois au bout d’un an seulement d’exercice. Avec les caméras installées à bord des voitures, ou sur leurs épaulettes, ils sont plus sujets à la critique, aux poursuites en cas de bavure, et les salaires ne suivent pas par rapport au niveau de responsabilité. Les candidats sont donc moins nombreux à se présenter au concours d'entrée. Alors des services de police font de la pub sur les réseaux sociaux. C'est le cas de la police de Rockville, dans le Maryland.

Moins d'exigence dans le recrutement

Dans certains états, la désaffection est telle qu’on baisse le niveau des recrutements : celui des diplômes, la condition physique. On ferme même les yeux sur d’éventuels antécédents liés à l’usage de la drogue, pour ne pas se priver d’une partie de la population. Et évidemment, c’est un peu le serpent qui se mord la queue : en baissant le niveau des concours d’entrée, cela n'améliore pas l’image de l’institution policière auprès de la population.  

Le directeur du FBI, Christopher Wray, à Washington.
Le directeur du FBI, Christopher Wray, à Washington. (WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA)