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Au Togo, un recensement biométrique pour les premières élections locales depuis 1986

Le gouvernement togolais prévoit d’organiser en décembre des élections locales, les premières depuis 32 ans. Mais auparavant, les électeurs doivent être enregistrés, ce qui n'est pas acquis. 

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Des électeurs à Lomé lors de la présidentielle au Togo, le 25 avril 2015.
Des électeurs à Lomé lors de la présidentielle au Togo, le 25 avril 2015. (ISSOUF SANOGO / AFP)

Au Togo en 2017, des manifestations contre le régime de Faure Gnassingbé ont fait une quinzaine de morts. Pour tenter d'apaiser la population, le gouvernement envisage un référendum en décembre, ainsi qu'un scrutin législatif et des élections locales, les premières depuis 1986. Pour voter, les électeurs doivent être recensés, mais il a fallu tout reprendre à zéro. 

Un nouveau recensement vient de commencer

Depuis la semaine dernière, un recensement biométrique est lancé en vue des élections. C’est-à-dire que chaque électeur sera enregistré dans un fichier informatique, grâce à ses empreintes digitales. Ce n’est pas la première fois que le Togo procède à un recensement biométrique. C’est le cas depuis 2007. Mais le fichier actuel n’est pas fiable, même le gouvernement l’a reconnu. Il contient 30% de doublons. Après la présidentielle de 2015, l’opposition avait porté plainte pour fraude et pour complicité de fraude contre Zetes, le prestataire de l’époque, une société belge spécialisée dans l’identification. Le problème, c’est que le régime togolais a renouvelé sa confiance à Zetes pour le recensement de 2018.  

La difficulté d'éliminer la fraude 

L’un des moyens serait d’effectuer au préalable un recensement d’identité, comme le réclame l’opposition. Seulement un quart des Togolais possède une carte d’identité ou même un acte de naissance. Cela signifie que les trois quarts ne sont pas identifiés. Pour eux, l’inscription sur les listes électorales va donc se faire sur la base d’un témoignage. Et dans ces conditions, il est difficile de constituer un fichier électoral fiable. L’opposant Nathaniel Olympio, président du parti des Togolais, estime que le recensement tel qu’il a commencé permettrait toujours de faire voter des étrangers ou des mineurs. Il estime qu'il aurait fallu enregistrer non pas deux, mais les dix empreintes digitales.  

L’État prévoit-il un recensement d’identité ? 

Cela fait des années que le gouvernement en parle. Aujourd’hui, il a l’intention d’investir. Quelque 30 millions d’euros sont prévus pour mettre en place un e-ID, un système d’identification biométrique dès la naissance. Mais le gouvernement n’a pas annoncé de délai et cela paraît compliqué à organiser avant les élections de décembre. L’opposition est convaincue que le régime retarde cette mesure pour conserver le pouvoir. Il faut rappeler que la même famille est à la tête du Togo depuis plus de 50 ans. Faure Gnassingbé dirige le pays depuis 2005. Et avant lui, son père, Gnassingbé Eyadema a tenu les rênes du pouvoir pendant 37 ans. Dans ce contexte, une partie de l’opposition fera l’impasse sur ces élections, en ne présentant pas de candidats.

Des électeurs à Lomé lors de la présidentielle au Togo, le 25 avril 2015.
Des électeurs à Lomé lors de la présidentielle au Togo, le 25 avril 2015. (ISSOUF SANOGO / AFP)