Au Québec, un plan du gouvernement pour faire face à la pénurie d'infirmières dans les hôpitaux

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Le gouvernement québécois a présenté un plan pour tenter de remédier à ce problème, dans lequel il promet une prime et d'améliorer leurs conditions de travail.

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Radio France
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Vue générale de l'Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal à Montréal, au Canada.
  (MAXPPP)

Les hôpitaux au Canada font face à une réorganisation massive de leurs services, un an et demi après le début de la pandémie de Covid-19. Au Québec, s’y ajoute une pénurie d’infirmières : il en manquerait 4 000 dans le réseau public. Par conséquent, certains services, même d'urgences, sont contraints de fermer. Confronté à cette crise sans précédent, François Legault, le Premier ministre du Québec, a dévoilé le jeudi 23 septembre un plan qu'il décrit comme "une petite révolution dans la gestion du réseau de la santé".


Le Premier ministre du Québec veut absolument convaincre les infirmières de travailler à temps plein car beaucoup actuellement ont choisi le mi-temps, ce qui dégarnit les équipes. Le personnel manque souvent au moment des changements de service, et certaines infirmières sont obligées d'enchaîner deux journées de travail de huit heures. Ce mode de gestion du personnel porte un nom : le Temps supplémentaire obligatoire (TSO).

Pour y mettre fin, le gouvernement québécois promet de l’argent : le personnel soignant à temps plein devrait recevoir une prime d’environ 10 000 euros pour l’année et les infirmières qui passeront d'un temps partiel à un plein temps toucheront une prime du même montant.

Le Premier ministre assure également qu'il veut améliorer leurs conditions de travail. François Legault affirme qu’il a compris le message des infirmières qui ne cessent de les dénoncer tout comme le recours systématique au temps supplémentaire obligatoire puisqu'elles ne savent pas, quand elles commencent leur journée de travail, à quelle heure elles pourront quitter leur service. Le gouvernement espère donc remédier à ce problème avec cette prime incitative. 

Syndicats et soignants se montrent plutôt sceptiques

Quelques jours après sa présentation, le plan ne semble pas rassurer. "Les sommes d’argent pourraient être intéressantes, mais les gens se demandent aussi, 'ok mais après les sommes d’argent ?' C’est la confiance qui n’est plus là ! estime Robert, infirmier depuis 30 ans dans un hôpital de Montréal. La confiance face à un gouvernement qui a ignoré les problématiques, qui est arrivé avec 'vous venez, puis une fois que vous serez là, de retour dans le public, ça va aller mieux', mais il ne nous dit pas comment ça va aller mieux".

Les syndicats estiment que le plan du gouvernement est flou : aucun engagement pour mettre fin au temps de travail supplémentaire obligatoire n'y figure. Ce plan ne fixe pas non plus le nombre maximum de patients par infirmière. Pendant ce temps, des opérations sont reportées faute de salles d’opération disponibles, des femmes qui habitent en milieu rural doivent faire plus d’une heure de route pour accoucher. Tout cela en pleine quatrième vague de pandémie.

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