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Au Canada, les ambitions de "Mad Max", à la tête du nouveau Parti populaire

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Maxime Bernier, qui aime se faire appeler "Mad Max", a annoncé la création d'un nouveau mouvement politique, après avoir quitté l'opposition conservatrice. 

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Maxime Bernier en mai 2017, alors qu'il appartenait au parti conservateur qu'il a quitté en août 2018. (GEOFF ROBINS / AFP)

Au Canada, un nouveau mouvement, le Parti populaire, vient de faire son apparition sur l'échiquier politique. Son fondateur, Maxime Bernier, est loin d'être un inconnu dans le pays. Il a été deux fois ministre et il a claqué, fin août, la porte du Parti conservateur. 

"Mad Max" comme surnom

Si vous voulez faire plaisir au fondateur du nouveau Parti populaire du Canada, appelez-le tout simplement par ce surnom. Maxime Bernier a d’ailleurs fondé un club sous cette appellation afin de pousser ses partisans à se regrouper et à échanger leurs idées. Sa vision d’un nouveau parti est simple. Il veut rendre le pouvoir aux contribuables, aux Canadiens, qui ne font pas partie d’un lobby ou d’une organisation. À l’entendre, les groupes de pression avec lesquels les élus entretiennent des liens prennent le Canada en otage. Celui qui a déjà été ministre de l'Industrie et des Affaires étrangères sous le règne des conservateurs rêve d’un gouvernement minceur. Avec "Max", pas de subventions à l’industrie, pas plus à l’agriculture. Cet avocat de formation, issu d’une région agricole, s’en prend d’ailleurs aux marchés protégés de certaines productions canadiennes. D'après lui, le lait, les œufs et la volaille devraient pouvoir franchir les frontières sans aucune contrainte. C'est exactement la position qu’endosse le président américain, Donald Trump, qui fait pression en ce moment sur le Canada pour qu’il abandonne ses mesures de protection du marché laitier s'il veut continuer à faire partie d’un accord commercial avec le Mexique et les États-Unis.

Une position populiste assumée

Maxime Bernier assume le terme, mais il précise qu’il s’agit d’un populisme "intelligent". Il souhaite des réformes sérieuses, quitte à revoir le nombre de nouvelles personnes accueillies chaque année au Canada. À l’entendre, ce pays, pourtant fondé par des immigrants, risque de perdre son âme s’il ouvre trop grand les portes aux gens nés ailleurs. L’ancien ministre, qui ne veut pas passer pour un raciste, brandit des chiffres. Selon un sondage qu'il cite, presque la moitié des Canadiens jugent que le pays doit revoir à la baisse le nombre d’immigrants qu’il espère recruter chaque année. Si Maxime Bernier prenait le pouvoir, il déciderait, dit-il, d'accueillir moins de réfugiés et de privilégier la main-d’œuvre étrangère dont le profil répond exactement aux besoins des entreprises locales. Il s’agirait donc d’immigrants utiles.

Ce nouveau parti a un an pour se préparer aux élections et prendre sa place à la droite de la droite conservatrice, sans pour autant se qualifier de parti extrême. 

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