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À Londres, une centaine d'oeuvres de Rodin présentées au British Museum au milieu de statues de la Grèce antique

Ce curieux mélange entre l’art classique grec et les bronzes de Rodin du début du XXe siècle permet de comprendre comment le sculpteur s’est inspiré de l’Antiquité pour révolutionner la sculpture.

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(FACUNDO ARRIZABALAGA / EPA)

L’exposition qui s’ouvre jeudi 26 avril au British Museum de Londres s’annonce exceptionnelle : le musée présente une centaine d’œuvres de Rodin éparpillées au milieu de statues datant de la Grèce antique. Ce mélange entre l’art classique grec et les bronzes de Rodin du début du XXe siècle peut sembler un peu curieux, mais il permet de comprendre comment le sculpteur s’est inspiré de l’Antiquité pour révolutionner la sculpture.

Une conversation entre deux artistes

Dès la porte d’entrée, le visiteur apercevra une version du baiser avec les deux amants enlacés, et juste à côté, deux déesses grecques elles aussi serrées l’une contre l’autre. Cette exposition est une conversation entre deux artistes qui ont plus de 2 000 ans d’écart. Le premier s’appelle Phidias, il est mort en 430 avant Jésus-Christ et on suppose qu’il est l’auteur de la plupart des sculptures retrouvées sur les murs du Parthénon à Athènes, et de la statue de Zeus construite à Olympie et considérée comme l’une des sept merveilles du monde. Le second s’appelle Auguste Rodin : en 1881, il est déjà considéré comme l’un des meilleurs sculpteurs de sa génération, quand il arrive à Londres et qu’il découvre - dans les galeries du British Muséum -, les fresques et les statues du Parthénon. Mais cette visite est un vrai choc : Rodin passe des heures à copier les motifs, les mouvements, les visages. Il y retourne plusieurs fois : lorsqu’il oublie son carnet, il dessine même sur des feuilles du papier à en-tête de l’hôtel qui se trouve juste à côté. Cela devient pour lui, une véritable obsession qui se nourrira son travail jusqu’à la fin de sa vie.

D’une époque à l’autre

Dans l’exposition, on passe d’une époque à l’autre, d’un sculpteur à l’autre. On comprend, surtout, en traversant les salles, comment la sculpture moderne est née. Rodin découvre au British Museum des statues qui sont cassées, abîmées, dont il manque des morceaux et il commence à s’intéresser à des parties du corps : un torse, des muscles, des mains. Il se met lui aussi à créer des silhouettes à moitié finies, en étudiant le mouvement des corps, la texture de la peau. Il prend les codes antiques et les transforme. C’est toute la réussite de cette exposition. On pourra apercevoir le geste du personnage en bronze de l’Âge d’airain, de Rodin, qui lève son bras au-dessus de sa tête, juste à côté, dans une frise du Parthénon. Et à côté des représentations de la nature sculptées au XXe siècle, difficile d’imaginer que la tête de cheval qui est posée là est sortie d’un bloc de pierre il y a plus de 2 000 ans.

Il a fallu deux camions pour transporter les œuvres : la plupart viennent du musée Rodin, à paris, d’autres étaient exposées au musée d’Orsay, à Cardiff et à Liverpool, les équipes du British Museum ont mis un mois pour les installer et pour mettre en place les jeux de lumière. L’exposition ouvre le jeudi 25 avril et se termine le 29 juillet.

(FACUNDO ARRIZABALAGA / EPA)