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À Gaza, la crise des déchets aggravée par la pandémie de Covid-19

Dans les territoires palestiniens, la gestion des déchets était déjà un défi majeur avant la crise sanitaire en raison du blocus israélien, du manque d’argent et des divisions internes. À cela, se sont ajoutés tests, masques, seringues…

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Mis en service en juillet 2019, le centre de Foukhari, financé à moitié par l’Agence française de développement, devait faire passer la moitié de la bande de Gaza aux normes internationales en matière de traitement des déchets.
Mis en service en juillet 2019, le centre de Foukhari, financé à moitié par l’Agence française de développement, devait faire passer la moitié de la bande de Gaza aux normes internationales en matière de traitement des déchets. (ETIENNE MONIN / FRANCE-INFO)
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La pandémie de Covid-19 a fortement affecté la vie des résidents Gazaouis et elle a aussi aggravé la crise des déchets qui sévit dans les territoires palestiniens. Par exemple, tout le matériel médical nécessaire pour lutter contre la maladie comme les seringues ou les tests par exemple, s’entassent, comme les autres déchets, dans les décharges de l’enclave côtière.

Or à Gaza, la gestion des déchets, c’est-à-dire leur collecte, leur transport et leur élimination, était déjà un défi majeur avant la pandémie. Les décharges sont surchargées, il y a un manque de tri, l’équipement est obsolète, l’entretien irrégulier, et le traitement des déchets dangereux est défectueux et tout ça est dû en partie à la division entre le Hamas et le Fatah, mais surtout à des années de blocus israélien à Gaza. Il n’y a pas assez d’argent pour fournir de l’essence aux vieux camions poubelles gazaouis, et le blocus de l’État hébreu empêche l’arrivée de nouveaux camions ou autres matériels plus technologiques. Et, à part dans les hôpitaux publics, il n’y a surtout aucun protocole standardisé mis en place pour éliminer les déchets médicaux ou infectieux des maisons ou d’autres secteurs, ce qui rend la situation dramatique, sachant que les deux millions de Gazaouis produisent près de 2 000 tonnes de déchets par jour.

Des décharges saturées

Deux des trois décharges officielles de la région ont atteint leur capacité maximale il y a vingt ans. Les décharges informelles et illégales se sont multipliées à Gaza, ruinant la vie des habitants qui vivent juste à côté, car l’air n’y est plus sain, et l’odeur s’intensifie au fur et à mesure que les températures augmentent. Les déchets accumulés attirent aussi les chiens et les chats errants, ou les moustiques, des vecteurs supplémentaires de maladie. Bref la question des déchets est un véritable enjeu de santé publique, d’autant que des personnes sans emplois se convertissent en collecteurs de déchets, souvent des enfants, s’aventurent dans ces décharges pour y chercher de l’aluminium et autres vieux téléphones cassés pour revendre les matériaux et se faire un peu d’argent.

Le gouvernement travaille donc avec différents groupes pour élaborer un plan de gestion des déchets. Mais pour régler ces problèmes, il faudrait des fonds, du matériel, mais aussi des terres. Or leur disponibilité à Gaza est très limitée, car l’enclave côtière sous blocus a déjà l’une des plus grandes densité de population au monde. Alors dans l’immédiat, le ministère gazaoui de la Santé, ainsi que les agences des Nations unies et autres organisations internationales travaillent ensemble pour traiter prioritairement les déchets dangereux pour ne pas propager le Covid-19 via l’achat de broyeurs industriels et stérilisateurs de déchets.

Mis en service en juillet 2019, le centre de Foukhari, financé à moitié par l’Agence française de développement, devait faire passer la moitié de la bande de Gaza aux normes internationales en matière de traitement des déchets.
Mis en service en juillet 2019, le centre de Foukhari, financé à moitié par l’Agence française de développement, devait faire passer la moitié de la bande de Gaza aux normes internationales en matière de traitement des déchets. (ETIENNE MONIN / FRANCE-INFO)