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Le pape François à Strasbourg : plus diplomate que pasteur

Le Parlement européen et le Conseil de l'Europe se préparent à accueillir le pape François ce mardi 25 novembre. Une visite-éclair, réservée aux seules institutions européennes, transformées en véritable camp retranché, et qui n'aura rien d'un voyage pastoral. Il doit prononcer deux discours, qualifiés de "politiques". La dernière visite, celle de Jean-Paul II, remonte à 1988.

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La visite du Pape François aux institutions européennes, ce mardi 25 novembre, sera avant tout politique et diplomatique. Elle ne comporte aucun événement religieux ou liturgique, même si le souverain Pontife a été invité à la fois comme Chef de l'Etat du Vatican et comme leader de l'Eglise catholique romaine. "On ne peut pas dissocier les deux" , explique Martin Schulz, le président du Parlement européen, qui l’a déjà rencontré à deux reprises, notamment pour préparer cette visite. Il parle d’une autorité morale et religieuse reconnue dans le monde entier : "Sa parole compte, que l’on soit catholique ou non". Aux eurodéputés, comme Jean-Luc Mélenchon qui l’accusent de violer la laïcité, Martin Schulz répond "avoir invité dans le même esprit le Dalaï Lama ou le Mufti de Damas ".

Dans l’hémicycle du Parlement européen, celui qui évoque souvent la "fatigue" de l’Europe la mettra sans doute en garde contre les tentations de repli sur soi, et pourrait appeler les 28 Etats de l'Union à plus de justice et de solidarité face à la pauvreté croissante et aux drames liés à l’immigration, notamment en Méditerranée. Aux 47 pays du Conseil de l'Europe il devrait faire part de ses inquiétudes sur les crises internationales, notamment en Ukraine (membre de l’organisation paneuropéenne au même titre que la Russie), en Syrie ou dans le conflit Israël-Palestine. Mais c’est sur la guerre livrée aux djihadistes du groupe "Etat islamique " que son intervention est très attendue. Anne Brasseur, présidente de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, met en garde contre les dérives d’exclusion et espère un message d’apaisement.

Un millier de policiers et de gendarmes mobilisés, tireurs d'élite, démineurs, plongeurs, aidés de zodiaques et d'hélicoptères : depuis le sommet de l'OTAN en 2009, Strasbourg n'aura pas connu un tel déploiement de forces de l'ordre, même s'il se limitera cette fois-ci au secteur des institutions européennes, de l'aéroport et aux axes empruntés par le pape, fermés à toute autre circulation. Les fidèles suivront la visite sur des écrans géants installés à la cathédrale. Seule une petite zone publique aux abords du Conseil de l'Europe permettra aux curieux de voir passer le cortège papal, et avec un peu de chance d'immortaliser un salut de la main depuis la 407, mise à disposition par le Parlement européen. Pour un pape qui se veut proche du peuple, François sera particulièrement inaccessible.

Accès bien avant l'arrivée du pape par l'arrière des bâtiments grâce à des badges spéciaux, organisation en "pools", ces groupes restreints triés sur le volet pour les images, discours retransmis sur écrans, seule la presse du Vatican sera habilitée à se rendre dans les deux institutions, mais devra elle-même repartir avant le Pape pour des raisons de sécurité. "Le pape est menacé. Il y a des gens qui ne l'aiment pas du tout ", souligne le Président du Parlement européen Martin Schulz qui précise que c'est à l'Etat français d'évaluer les risques d'attaques et d'attentats. "Le groupe Etat islamique projetterait de supprimer le Pape à l'aide de drones ", affirmait jeudi en Une le quotidien italien Corriere della Sera .

Le pape François a prévu de se rendre à nouveau en France l’an prochain.

 

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