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Dick Marty, le défenseur de l’Etat de droit, n’a jamais eu froid aux yeux

Il ne se représentait pas aux élections fédérales ce dimanche 23 octobre en Suisse : le parlementaire libéral Dick Marty quitte donc l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, après un ultime rapport critique sur le secret d’Etat.

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C’est le parlementaire le plus emblématique du Conseil
de l’Europe qui s’en va, après avoir donné une nouvelle visibilité à
l’organisation paneuropéenne, désormais connue jusqu’aux Etats-Unis
grâce à ses rapports retentissants. Dick Marty a longtemps enquêté sur
les activités illégales de la CIA en Europe et révélé l’existence de
prisons secrètes dans plusieurs pays européens. Il a dénoncé le reprise
des violences dans le Caucase du Nord après 2008 et la situation
d’impunité quasiment totale pour les crimes commis par les représentants
des forces de l’ordre notamment en Tchétchénie. Son autre rapport qui a
fait grand bruit révèle l’existence d’un trafic d’organes perpétré par
des maquisards kosovars albanais lors du conflit de 1998-99, organes
prélevés sur des prisonniers essentiellement serbes, capturés au Kosovo
avant d’être transférés en Albanie. (La mission européenne au Kosovo
EULEX vient d’annoncer que John Clint Williamson le procureur chargé
d’enquêter sur cette affaire, avait commencé son travail de recherches
sur place). Enfin, lors de sa dernière session, l’Assemblée
parlementaire a adopté l’ultime rapport de Dick Marty sur "les recours
abusifs au secret d’Etat et à la sécurité nationale : obstacles au
contrôle parlementaire et judiciaire des violations des droits de
l’homme".

Dick Marty, dont le parcours hors pair a été marqué par
une cécité jusqu’à l’âge de 6 ans, a d’abord été procureur général du
Tessin avant de se lancer dans la politique, membre de l’exécutif puis
parlementaire pendant 16 ans, dont 13 à Strasbourg. Il s’est souvent
senti seul dans ses enquêtes sur ces sujets sensibles, même s’il se
félicite du soutien de l’Assemblée parlementaire. Il n’estime pas avoir
fait quelque chose d’extraordinaire, mais d’avoir apporté sa "petite
pierre. J’ai fait mon devoir". Aujourd’hui, même s’il n’exclut pas de
poursuivre dans ce qui l’a toujours passionné, la défense des droits de
l’homme et l’aide au développement, Dick Marty se réjouit d’entamer
cette nouvelle saison de la vie qu’il espère aussi excitante et
enrichissante et qui lui permettra aussi de vivre tout simplement : de
s’occuper de ses petits-enfants et de promener son chien.

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