Hakim Arezki, champion de cécifoot : "Les Jeux doivent permettre de changer le regard sur le handicap"

Chaque semaine, Théo Curin embarque, dans son taxi, des champions liés aux Jeux de Paris 2024. Voyage ici, en compagnie de son ami Hakim Arezki, membre de l'équipe de France de cécifoot.
Article rédigé par Théo Curin, Fabrice Rigobert
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min
Dans son taxi, Théo Curin accueille cette semaine le champion de cécifoot Hakim Arezki. (Anne Bayard)

Demain les Jeux est un rendez-vous en partenariat avec France 3, dans le cadre de l'émission Aux Jeux, citoyens ! Le vice-champion du monde de paranatation, Théo Curin, devient Théo le Taxi, et embarque dans sa voiture une personnalité ou un champion, en lien avec les Jeux de Paris 2024. Ici Hakim Arezki, membre de l'équipe de France de cécifoot. Une expérience que Théo Curin raconte à Fabrice Rigobert.

franceinfo : Hakim Arezki devrait permettre à la France de décrocher un podium, du moins on l'espère, lors des Jeux paralympiques ?

Théo Curin : Oui, c'est l'un des joueurs de l'équipe de France de cécifoot, récemment sacrée championne d'Europe, et qualifiée pour les prochains Jeux paralympiques. Mais c'est aussi un ami que j'aime beaucoup. On a commencé par faire un peu de pédagogie, et Hakim m'a rappelé de quoi on parlait :

"C'est l'adaptation du foot salle pour les personnes malvoyantes ou non-voyantes. Ça se joue sur un terrain de 40 mètres sur 20, 5 joueurs contre 5, quatre joueurs de champ, plus un gardien voyant. Et en soutien sonore, il y a un guide derrière les cages adverses."  Avec, en plus, un ballon spécial doté de clochettes pour bien le repérer.

Hakim Areski a aussi souhaité vous parler de l'événement qui a bouleversé sa vie ?

Oui, nous sommes revenus sur le jour où tout a basculé en Algérie, le 27 avril 2001. Il m'a raconté le drame qui l'a touché, le jour où l'Etat algérien a tiré sur des jeunes manifestants étudiants : "On nous a tiré dessus à balles réelles. Il y a eu beaucoup de morts, beaucoup de blessés. Je me suis pris deux balles, l'une a traversé la cheville, et l'autre est venue se loger dans ma tête et a sectionné les deux nerfs optiques ; j'ai perdu la vue directement."

Une histoire terrible. Le point de départ aussi, d'une autre vie. Elle a mené Hakim Arezki au cécifoot, après un long parcours de reconstruction, qui est passé par la musique sur les conseils de son papa.

Des conseils pour jouer de la guitare ?

Oui, Hakim s'en souvient parfaitement : "Un jour, mon père m'a vu tapoter sur mon torse, il m'a dit tapote plutôt sur une guitare, et il m'a montré deux ou trois notes. Après, tu pratiques 200 heures par jour, ça ne peut que s'améliorer !" Et on a écouté dans le taxi un morceau que joue et chante Hakim, pour bercer ses filles. Car c'est aussi un super papa.

Son parcours est très inspirant. Un parcours qui va se poursuivre avec les Jeux de Paris ?

Impossible en effet de conclure notre trajet en direction de Bondy, pour aller sur son lieu d'entraînement, sans parler des Jeux paralympiques. Il va tenter de décrocher l'or avec ses coéquipiers. Des Jeux qui ont une saveur particulière en France, avec les amis et la famille pour premiers supporters, et qui amènent pour Hakim une responsabilité :

"C'est l'occasion de dire aux téléspectateurs l'importance du sport dans la société, pour changer le regard sur le handicap. Plein de choses se cachent derrière un handicap : une compétence, des valeurs, des sentiments, un être humain tout simplement."

Hakim Arezki jouera avec l'équipe de France de cécifoot près de la tour Eiffel, sur un stade pouvant accueillir 12.000 spectateurs. Les Jeux paralympiques, ce sera du 28 août au 8 septembre, et le prix des places est beaucoup plus abordable que pour les Jeux olympiques.

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