Nations unies : face à "l'ampleur des souffrances humaines", un diplomate britannique lance un appel aux dirigeants de la planète

Martin Griffiths, chef du bureau des affaires humanitaires de l’ONU, va quitter ses fonctions au mois de juin. Ayant passé une grande partie de sa carrière dans les zones de guerre, il est particulièrement inquiet de la situation actuelle avec les nombreux terrains de guerre dans le monde.
Article rédigé par Marie Dupin
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Le secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, Martin Griffiths, le 11 juin 2024. (KHALIL MAZRAAWI / AFP)

"Nous avons besoin de dirigeants qui nous unissent",lance, lundi 17 juin, Martin Griffiths, secrétaire général adjoint de l'ONU aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, dans le New York Times (article payant). Ce diplomate britannique travaille depuis 40 ans pour les Nations unis ou pour des organismes humanitaires en tant que médiateur international. À la fin du mois  de juin, il quittera ses fonctions, pour raisons de santé. Avant de partir il a souhaité lancer un appel dans le quotidien américain. Un appel aux dirigeants du monde, parce que dit-il, il a passé une grande partie de sa carrière dans des zones de guerre, mais que rien ne l'avait préparé à "l'ampleur des souffrances humaines", dont il a été témoin depuis trois ans. Depuis "l’offensive russe en Ukraine, les chars roulant vers Kiev, les combats brutaux, les attaques incessantes, avant l'atroce conflit au Soudan où deux généraux s'affrontent pour le pouvoir pendant que des milliers de personnes sont tuées".

Martin Griffiths cite également "les terribles attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre et le bombardement de Gaza qui a transformé l'enclave en un véritable enfer sur terre". Sans parler des "millions d'autres personnes à travers le monde qui souffrent tout autant dans des conflits non résolus qui ne font plus les gros titres - en Syrie, au Yémen ou en RDC pour n’en citer que quelques-uns". Selon Martin Griffiths, la souffrance de ces millions de personnes est la preuve évidente d'un échec des dirigeants du monde. "Cette souffrance, estime-t-il, c'est justement ce que l'ordre mondial moderne, créé après la Seconde Guerre mondiale et incarné dans la Charte des Nations unies, était censé prévenir". Pour Martin Griffiths, "c'est un échec des dirigeants mondiaux, qui manquent à leur devoir envers l'humanité en rompant le pacte entre les gens ordinaires et ceux qui détiennent le pouvoir".

La situation préoccupante à Gaza

Particulièrement critique des entraves des autorités israéliennes à laisser l’aide humanitaire entrer à Gaza, Martin Griffiths dénonce "une absence de leadership particulièrement évidente dans le soutien quasi inconditionnel apporté par certaines nations à leurs alliés malgré les nombreuses preuves de violations des règles internationales."

Le chef du bureau des affaires humanitaires "garde espoir" . "J’ai constaté tout au long de ma carrière, que l'humanité, la compassion, et le désir d'entraide sont toujours aussi forts", souligne-t-il. "Si nous voulons un avenir meilleur, conclut Martin Griffiths, nous avons besoin de dirigeants qui nous unissent, capables et désireux d'exploiter notre humanité collective, et de revigorer notre confiance dans nos lois et nos institutions communes. Des dirigeants ayant la volonté de concrétiser l'immense espoir et l'ambition de la Charte des Nations unies."

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