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Paul Watson, le pirate des mers contre les baleiniers japonais

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Direction l'Antarctique, là où Paul Watson, le fondateur de l'association "Sea Shepherd" bataille actuellement contre les baleiniers japonais pour les empêcher de pratiquer cette pêche illégale.
Article rédigé par
Radio France
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Pour sa neuvième campagne en Antarctique appelée Opération Tolérance Zéro , Paul Watson traque une nouvelle fois la flotte baleinière japonaise. Hier, une baleine de Minke
a été harponnée : c'est la première victime de la saison.

À partir du moment où ils tuent un cétacé, les pêcheurs ont un délai de dix heures pour le remonter à bord d'un autre bateau, le navire-usine, ou la carcasse sera dépecée. Passé ce délai ce délai de dix heures, la viande pourrit et doit être rejetée à la mer.

C'est pourquoi les unités de Sea Shepherd se
positionnent entre les navires japonais pour empêcher ce transfert. Une manœuvre risquée, d'autant que
les Américains ont interdit aux bateaux de l'ONG d'approcher ceux des Japonais à moins de 150
mètres.

Dans la journée de vendredi, le harponneur a fait une dizaine de tentatives de transfert, passant même à moins de dix mètres du Bob Barker, le bateau Sea Shepherd qui a maintenu son cap. Les baleiniers japonais ont alors tenté d'entraver son hélice en déployant de longues amarres à l'arrière de leurs navires. Sans succès. Pendant ce temps, le Steve Irwin de Paul Watson faisait route à pleine vitesse pour prêter main forte au Bob Barker .

Toutes ces lois et interdictions sont faites pour empêcher Paul Watson d'agir. De plus, le capitaine est aujourd'hui sur la liste rouge d'Interpol, suite à
des plaintes du Japon et du Costa Rica.

Paul Watson met ses convictions en pratique , c'est ce
qui a séduit Lamya Essemlali , présidente de Sea Shepherd France. Lorsqu'on lui parle violence, elle a son idée : "S'attaquer aux harpons qui tuent les baleines dans des espaces protégés en toute illégalité, ou confisquer les gourdins qui tuent les bébés phoques, c'est de la non-violence, mais ne rien faire : c'est de la violence!"

Pour tout comprendre sur Paul Watson : lire le livre de Lamya Essemlali "Capitaine Paul Watson, entretien avec un pirate" aux éditions Glénat.

Quatre navires forment
l'armada dédiée au sauvetage des baleines.
Parmi eux, le Brigitte Bardot piloté
par le navigateur français Jean-Yves Terlain.

Après avoir navigué pendant quatre ans pour le compte de WWF, il nous détaille sa rencontre avec le "casque bleu des mers ".

Au total, les équipages de Sea Shepherd représentent 120 personnes de 24
nationalités différentes.
Ils vont bientôt rentrer en Australie, sauf Paul Watson. Un gardien prisonnier en
mer. Injustement accusé, il espère être enfin retiré de la liste rouge d'Interpol. Un comité de soutien pour accueillir Paul Watson en France a été constitué. La France n'est-elle pas à l'origine de la Déclaration des Droits de l'Homme et du sanctuaire baleinier de l'océan Austral ?

Sea Shepherd joue le gendarme des mers, faute d'un engagement des gouvernements. Bien que ses participants soient bénévoles, à quelques exceptions près comme les commandants, une campagne comme l'Opération Tolérance Zéro coûte cher et a besoin de soutiens.

Pour en savoir plus :

Facebook officiel de Sea Shepherd

Chaîne Youtube de Sea Shepherd , ses actions, sa philosophie

Lien vers le programme TV américain Whales War

 

"Une fois inscrit sur la liste rouge d'Interpol, c'est très difficile d'en sortir. C'est absolument incroyable de me retrouver sur une liste aux côtés de tueurs en série et de criminels de guerre, alors que je n'ai causé aucun dégât matériel et n'ai jamais blessé personne. L'accusation porte sur "la violation de propriété privée et l'entrave à l'activité économique". À ma connaissance, personne n'a jamais été extradé pour de tels motifs. Mais le Japon est une grande puissance. Nous l'avons privé de dizaines de millions de dollars de profits sur leurs activités illégales de pêche à la baleine. Les Japonais sont en colère et s'en prennent à moi personnellement pour tenter de régler le problème."

 

"Je trouve ça très étrange qu'on nous taxe de violence, alors que de toute notre histoire, nous n'avons causé la moindre blessure à qui que soit. Nous n'avons fait que lutter contre la violence et les pratiques illégales. Nous n'allons même pas jusqu'à protester contre la pêche à la baleine. Nous faisons simplement obstacle aux pratiques illégales. Les Japonais s'attaquent aux cétacés en voie de disparition dans l'enceinte même d'un sanctuaire reconnu par le monde entier, en violation de la loi gérant la pêche à la baleine. Ce n'est pas moi le criminel. Ce sont eux. Mais les Japonais ont le pouvoir, ce qui leur permet de me poursuivre de cette façon. 

Nous sommes fiers de ne jamais avoir blessé personne, nous n'en avons jamais eu l'intention."

"Nos équipages sont composés de 120 personnes de 24 nationalités différentes, tous bénévoles. Sans eux, nous n'aurions jamais pu accomplir tout ça. Je n'aurais pas les moyens de payer ces gens pour le travail qu'ils font gratuitement. Je suis vraiment fier des équipages de ces quatre bateaux. Ils font un travail extraordinaire."

"À la fin de cette campagne, les bateaux rentreront en Australie, mais je nous pourrai pas les suivre. Je serai obligé de rester en mer sur l'un des bateaux, pour un temps indéterminé. Je n'ai pas de passeport, donc pas vraiment d'endroit où aller."

 

"Je suis d'humeur très positive et pas du tout surpris de ce qui m'arrive. Nous nous sommes attaqués à l'une des plus grandes puissances économiques mondiales et nous avons gagné. Nous leur avons fait perdre de l'argent sur leurs activités illégales de pêche à la baleine. Maintenant, ils exercent leur pouvoir. Ce n'est pas vraiment une surprise. Je suis bien sûr étonné que la Cour américaine soutienne les Japonais, mais le pouvoir s'achète. Je ne dois pas me laisser abattre. La solution aurait été de ne rien faire, mais ce n'est évidemment pas mon intention. Donc je suis résolument optimiste."

 

"Je sais qu'ici, dans le Pacifique Sud, nous avons sauvé environ 4.000 baleines. Mais depuis 35 ans, ce sont sans doute, des dizaines de milliers... je ne sais pas exactement. Mais je sais que nos actions ont permis de sauver des milliers de baleines, des dizaines de milliers de dauphins, des centaines de milliers de phoques, ce qui nous rend très heureux. J'ai pour ambition d'éradiquer la pêche à la baleine dans le monde et je crois que nous avons déjà accompli 80% de cette tâche. On doit juste persévérer. La pêche à la baleine n'a pas sa place dans le XXIème siècle."

 

"Je ne crois pas vraiment à la retraite. Je crois que lorsqu'on aime ce qu'on fait, on continue jusqu'au dernier jour. Je n'ai pas l'impression d'avoir atteint l'âge de la retraite ! Je fais la même chose depuis 35 ans et je continuerai aussi longtemps que possible. Je suis en bonne santé, j'aime ce que je fais, alors je ne me vois pas du tout m'arrêter !"

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