Cet article date de plus de huit ans.

Bientôt prêtre, contre l'avis de sa mère

écouter
A quelques jours de Pâques et de la canonisation de Jean-Paul II, France Info est allé à la rencontre de catholiques : séminaristes, prêtres ou simples fidèles. Pourquoi s'engager dans l'Eglise aujourd'hui? Quelles traces a laissé la mobilisation contre le mariage pour tous? Quelles frontières entre foi privée et implication dans la vie publique? Quel héritage pour le bientôt saint Karol Wojtyla ?
Article rédigé par
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
  (©)

Il a le look d'un étudiant lambda, mais déjà, le phrasé d'un homme
d'Eglise. Gauthier Dacar, grand gaillard de trente ans, sourire qui semble
inamovible, parle posément, sans hésitations, d'un rythme imperturbable qui met
de l'intensité dans chaque mot. Comme si le prêche était pour lui inné.
"J'ai été baptisé mais ma mère ne voulait pas que j'aille au catéchisme. Mes sœurs y allaient mais pas moi. Ma mère avait peur que je tourne mal.
Que je devienne prêtre."

Il est vrai que le jeune Picard, fils d'employés d'EDF, aime dessiner des
églises et demande à brûler des cierges. Il devra attendre ses 15 ans pour aller à la messe. Emmené
par une voisine de camping, à Beaurainville dans le Pas-de-Calais. "Intérieurement
je me suis dit "enfin
'".

Le lycéen ne regarde plus Téléfoot

Le lycéen s'inscrit alors à l'aumônerie, ne regarde
plus Téléfoot le dimanche matin avec son père, enchaîne première communion et
confirmation. Puis tâtonne à la fac. Une année de droit. "Mais je
me demandais d'où venait ce droit
". Quatre années de sociologie.
"Passionnant, mais avec parfois des a
priori anticléricaux
". Il fait un passage à l'IUFM, dans l'idée de devenir prof. 

Gauthier dit ne pas avoir entendu un "appel"
unique ou brutal pour s'engager dans la prêtrise, mais parle de cheminement
progressif. Le choix d'entrer au séminaire, il le fait après une expérience
amoureuse de deux ans. "Je me suis posé la
question de donner tout mon amour à une femme ou à un peuple
". La deuxième
option l'emporte. Mais l'annoncer à sa famille n'est pas évident. "C'était un dimanche. Maman apportait le rôti à table. J'ai dit 'je rentre au séminaire'. Elle a laissé tomber le rôti et s'est mise à
pleurer
."

Les nouvelles vocations font cruellement défaut

Cinq ans plus tard, Gauthier s'est fait au rythme de la vie religieuse en
communauté. Il commence sa journée de prière avec les laudes à 7h40 puis vient
le cours de théologie et la messe à midi avant le déjeuner au réfectoire, en
silence une fois par semaine en cette période de carême. Puis, il se rend en
cours à nouveau ou au sport, avant les vêpres et le dîner. Et tous les jeudis,
vient l'heure de la prière pour les vocations sacerdotales.

Les nouvelles vocations font cruellement défaut.   Elles font cruellement défaut. A Saint-Sulpice, le magnifique séminaire
d'Issy-les-Moulineaux près de Paris, seuls 45 hommes apprennent à devenir
prêtre. Une bonne partie de l'immense bâtiment sert désormais de foyers à des
étudiants lambda.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.