"Petite Nature", le très beau nouveau film de Samuel Theis

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L'actualité des sorties en salle, avec "Petite Nature" de Samuel Theis, "Goliath" de Frédéric Tellier, et deux documentaires, "La campagne de France" de Sylvain Desclous et  "Sans Frapper" réalisé par la photographe belge Alexe Poukine.

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Radio France
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Le réalisateur français Samuel Theis reçoit le 'Valois des etudiants francophones' pour son film "Petite Nature" à la cérémonie de clôture du 14e festival du film francophone à Angoulême, le 29 août 2021. (YOHAN BONNET / AFP)

Nous sommes dans une cité HLM de Lorraine, et le film nous présente Johnny, dix ans, un jeune garçon plutôt livré à lui-même, d'autant qu'il s'intéresse surtout aux histoires des adultes, comme la vie amoureuse agitée de sa propre mère, jeune elle aussi. Mais son quotidien va changer après sa rencontre avec un jeune enseignant qui va croire en lui et le pousser à s'ouvrir d'avantage aux autres, à lui-même, et au monde qui l'entoure, malgré les obstacles liés à sa condition sociale et à son quotidien

Petite Nature est signé Samuel Theis, comédien et réalisateur qui avait déjà co-dirigé le très beau Party Girl en 2014, l'histoire d'une entraîneuse fêtarde de 60 ans, travaillant dans des cabarets, qui retrouvait l'amour, un film qui avait remporté deux prix en catégorie "Un certain regard" au Festival de Cannes. Samuel Theis qui a lui-même grandi à Forbach, en Moselle, un peu comme le héros de son nouveau film.

Et si le film fonctionne aussi bien, et parvient à nous toucher, voire nous bouleverser, c'est aussi en grande partie grâce aux comédiens, Antoine Reinartz qui joue le prof, la révélation, Aliocha Reinert, 14 ans, étonnant dans le rôle principal, et surtout un casting de non-professionnels

Goliath de Frédéric Tellier

L'autre sortie importante dans les salles françaises depuis mercredi, c'est Goliath, de Frédéric Tellier, film conçu comme un thriller, qui raconte une enquête sur les OGM et les pesticides. Patrick, joué par Gilles Lellouche, est un avocat parisien spécialisé en droit environnemental, et son parcours va lui faire croiser deux autres personnages, France, une ouvrière militante, activiste dans une ONG anti-pesticides, interprétée par Emmanuelle Bercot, et Mathias, jeune homme brillant, lobbyiste de son état pour une puissante entreprise agrochimique, qui est lui campé par Pierre Niney.

Pierre Niney, très présent ces derniers mois au cinéma, qui était cette semaine l'invité d'Elodie Suigo sur franceinfo, et pour qui il était très important de participer au projet : "C'est un sujet qui me touche beaucoup, je pense qu'il faut que les citoyens s'en emparent encore plus. Alors, c'est forcément un peu déprimant parce qu'à chaque fois qu'il y a des votes ou qu'on essaie de consulter la population, on n'en tient pas vraiment compte. J'avais très envie de raconter ce film qui est, effectivement, très bien documenté, de retravailler avec Frédéric Tellier et de faire un rôle que je n'ai pas forcément l'habitude de faire."

Plutôt bien construit et efficace, Goliath n'évite pas, hélas parfois, le piège du pathos et des bons sentiments, même si sa prise avec l'actualité et des thématiques importantes, pour ne pas dire urgentes, peuvent agir sur nos consciences et nos actions.

A signaler également enfin, et en bref, deux autres sorties de la semaine, et deux documentaires d'ailleurs, le premier, La campagne de France de Sylvain Desclous qui raconte une élection municipale dans un petit village d'Indre-et-Loire en 2020, et qui sort du cadre habituel de ce type de projet.

Et le deuxième documentaire, Sans Frapper, là encore selon une forme originale, étudie les questions de viol et de consentement. Réalisé par la belge Alexe Poukine, ce film choisit de mettre en avant une parole collective des victimes.

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