"La Maman et la Putain", retour d'un chef-d'œuvre

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Le film de Jean Eustache revient en version restaurée.

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 De gauche à droite, les acteurs Bernadette Lafont, Marinka Matuszewski, Jean Eustache (réalisateur), Jean-Pierre Léaud et Françoise Lebrun se détendent après la projection du film "La Maman et la Putain", le 16 mai 1973, lors de la 26e édition du Festival de Cannes. (STAFF / AFP)

Pour son 50e anniversaire, 49e pour être précis, mais on ne va pas chipoter avec un chef-d'œuvre, La Maman et la Putain, film culte de Jean Eustache, et l'un des étendards de ce qu'on a appelé "La Nouvelle Vague", s'est donc refait une beauté.

Il a été restauré par les soins des Films du Losange et du producteur Charles Gillibert, pour revenir en salles, et ainsi peut-être attirer à la fois un nouveau public et ceux qui ont envie de le revoir. D'autant que, et c'est aussi ce qui a fait sa légende, le film a longtemps été difficilement visible ou compliqué à trouver.

"Un météore dans le ciel du cinéma"

Sortie en 1973, cette histoire de triangle amoureux (pour résumer), longue de 3h40, avait plutôt fait scandale, notamment au Festival de Cannes, en particulier pour la crudité de ses dialogues, dans lesquels il est beaucoup question de sexe. Et le 17 mai dernier, retour à Cannes en projection officielle pour La Maman et la Putain en version restaurée, en présence notamment de la comédienne Françoise Lebrun, qui a évoqué le parcours du film :

"J'ai l'impression que finalement ce qui avait été fait dans ce film n'est pas anecdotique, enfin n'est pas forcément lié à une époque."

La comédienne Françoise Lebrun

à franceinfo

"Quand j'ai assisté aux reprises à Beaubourg ou à la Cinémathèque, poursuit Françoise Lebrun, il y avait chaque fois des gens jeunes, qui étaient touchés par ça. Donc de génération en génération, le spectre est large. Ce sont des sensations qu'on ne peut pas expliquer, ce sentiment – pas tellement pendant le tournage   mais au moment où j'ai vu le film pour la première fois, où je me suis dit, et je le répète depuis 40 ans maintenant, ce film est comme un météore dans le ciel du cinéma."

Françoise Lebrun, très applaudie et très émue à l'issue de la projection cette année en compagnie de Jean-Pierre Léaud, avec sans doute une pensée pour Bernadette Laffont, troisième protagoniste du film, disparue en 2013.

Men, version horrifique des violences faites aux femmes

Depuis le début du mouvement #Metoo à l'automne 2017 (une série de témoignages de femmes sur des faits de viols ou agressions sexuelles impliquant des hommes célèbres ou anonymes), les thèmes du féminisme, de la sororité ou de la masculinité toxique sont régulièrement traités au cinéma, et c'est ce dernier qui a inspiré le réalisateur britannique Alex Garland pour Men, son nouveau film.

Après ses oeuvres remarquées de science-fiction Ex Machina puis Annihilation sur Netflix avec Natalie Portman, il nous présente cette fois Harper, une jeune femme endeuillée par le suicide de son compagnon violent, qui décide de quitter Londres pour une grande et belle maison à la campagne, et se retrouve confrontée à des phénomènes étranges et horrifiques, et à des hommes qui ont tous la même apparence. Splendide visuellement, très original pour ne pas dire baroque, et effrayant, Men est une vraie réussite, avec deux comédiens, Jessie Buckley et Rory Kinnear, parfaits.

Grand spectacle avec Jurassic World et Le Pacte des Loups

Enfin, un petit pas pour le cinéma, mais un grand pour le Crétacé : Jurassic World : le Monde d'après, de Colin Trevorrow, et ses nombreux dinosaures ont eux aussi bruyamment débarqué dans les cinémas français mercredi 8 juin. Pas vraiment de scénario et une vague histoire, qui n'est qu'un prétexte pour enchaîner les scènes d'action avec beaucoup, beaucoup de créatures.

Au final le divertissement est là, et on a beaucoup de plaisir à retrouver Sam Neill, Laura Dern et Jeff Goldblum, ensemble pour la première fois depuis l'original et indépassable Jurassic Park de Steven Spielberg en 1993.

Et puisqu'on parle de film à grand spectacle et de ressorties, sachez qu'est également disponible en salles depuis ce vendredi dans certains cinémas, la nouvelle version restaurée du Pacte des Loups, film français signé Christophe Gans, sorti sur nos écrans en 2001.

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