Anamaria Vartolomei, révélation de "L'Événement", d'après le récit d'Annie Ernaux

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Omniprésente à l'image dans le film d'Audrey Diwan, la jeune actrice Anamaria Vartolomei incarne Annie Ernaux jeune. 

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Radio France
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Anamaria Vartolomei dans "L'Événement" d'Audrey Diwan. (WILDBUNCH DISTRIBUTION)

Dans L'Événement d'Audrey Diwan, adaptation du récit autobiographique d'Annie Ernaux, il y a un avortement clandestin dans les années 60, bien avant la loi Veil de 1975 autorisant l'IVG, le chemin vers l'émancipation d'une jeune femme qui refuse une grossesse non désirée, un cinéma organique, accentué par le format carré de l'image, et la place de la caméra au-dessus de l'épaule du personnage principal, et une jeune actrice au talent brut.

"À la lecture du livre d'Annie Ernaux, j'ai ressenti une grande colère."

Anamaria Vartolomei

à franceinfo

Née en Roumanie, arrivée en France à l'âge de 6 ans, Anamaria Vartolemei n'a que 10 ans quand elle débute dans My Little Princess d'Eva Ionesco, des débuts plus que prometteurs, confirmés dans L'Échange des princesses de Marc Dugain.

Dans L'Événement, Lion d'Or du meilleur film à la dernière Mostra de Venise, elle est non seulement fidèle au récit d'Annie Ernaux, mais porte avec une forme de force tranquille, les enjeux toujours actuels du film.     

Suprêmes d'Audrey Estrougo

Autre réalisatrice qui ne manque pas d'audace, Audrey Estrougo signe Suprêmes, les débuts du groupe NTM, avant qu’ils ne deviennent les darons du rap français. Sollicités à de nombreuses reprises, Joey Starr et Kool Shen avaient jusque-là refusé tous les projets de film qu'ils avaient reçus.

"Le film pose des questions : qu'est-ce qu'on a raté à l'époque, et qu'est-ce qu'on fait maintenant ?"

La réalisatrice Audrey Estrougo

à franceinfo

Audrey Estrougo a su les convaincre et ils ont aidé les deux jeunes acteurs, Sandor Funtek et Théo Christine, à endosser la lourde responsabilité de les incarner à l'écran. Des scènes intimes aux concerts, le résultat est plus que convaincant, et il y a dans Suprêmes un regard sur les années 80 qui éclaire sans concession le présent, sur les banlieues où est née cette musique. Audrey Estrougo qui a grandi en Seine-Saint-Denis fait un constat amer.  

Soul Kids d’Hugo Sobelman  

Dans ce documentaire, il y a aussi de la musique, des jeunes assoiffés de vie et des questions politiques en suspens. Memphis-Tennessee, l'une des villes les plus violentes des États-Unis, le berceau du King Elvis Presley, sa population noire et pauvre et la Stax Music Academy, bâtie sur le légendaire label des années 60, très engagé contre la ségrégation.

C'est là, que viennent gratuitement, chaque après-midi, des dizaines de jeunes, apprendre à chanter, jouer de la musique, en puisant allégrement dans le répertoire de la soul music. Véritable cocon à l'abri des dangers de la rue, cette école offre à ces gamins plus qu’une échappatoire, ensemble ils apprennent à prendre confiance en eux, et envisagent un avenir qui les éloigne de la fatalité à laquelle ils semblaient assignés.                

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